Quand les bordeaux prennent la mer

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Interview d’Alain Boulaire, historien du Musée de la Marine de Brest : Bordeaux ou Gin tonic ?

Le vin pour les marins, ce n’est pas nouveau ?
Dès le XVIIe siècle, on a chargé des foudres de bordeaux dans les navires. L’objectif était d’avoir à bord une autre boisson que l’eau qui croupissait et se chargeait d’algues et de vers au bout de deux mois. De plus, il ne fallait pas la boire complètement. Par superstition, on en laissait toujours au fond car conserver l’eau du port du départ laissait penser qu’on allait revenir…

Quel vin chargeait-on ?
Du Bordeaux uniquement. On disait alors que “le bordeaux vieillissait alors que le saintongeais s’aigrissait“. Avec le XVIIe siècle, il y a eu de formidables trafics de Bordeaux notamment entre Brest et le Canada, justement du fait de cette capacité du bordeaux à vieillir.

Le vin à bord permettait-t-il de lutter contre le scorbut ?
Malheureusement non. C’est plus tard, vers la fin du XVIIIe siècle, qu’on a découvert que des aliments comme l’oseille confite ou la choucroute du fait de leur acidité permettaient de lutter contre le scorbut. Jusqu’à la découverte des propriétés du citron. Et, sur ce point, les Anglais, nous ont devancés. Plutôt que de laisser les citrons s’oxyder dans l’eau comme les Français, ils les conservaient dans du gin. L’amiral Nelson était très à cheval sur cet antiscorbutique. De là savoir si ce gin citron a conduit au gin tonic…

A voir jusqu’au 14 octobre à Landerneau, l’Exposition de Vignes en villes, ou une histoire de la vigne et du vin en Bretagne qui pourra mettre à bas une contre-vérité historique, celle que les Bretons ont découvert le vin à la Guerre de 14.

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