Patrick Chabrier, vigneron cévenol et valaisan

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La rondeur du bonhomme dissimule une énergie inépuisable. Entre ses vignes gardoises,  valaisannes et ses asperges, Patrick Chabrier est le furet d’Uzès.

Côté viticulture, le bonhomme a de qui tenir. Son père était le fondateur de la coopérative des Collines du Bourdic. Il a laissé les rênes à ses deux fils, Patrick et Christophe. Ils ont quitté la « coop », replanté et embouteillent eux-mêmes une partie de la production.

Sans bruit, ils ont redonné leurs lettres de noblesse aux vins du Gard autrefois légèrement méprisés du fait de la proximité de leurs “nobles” voisins rhodaniens. Ainsi, les Chabrier n’ont pas peu fait pour la reconnaissance par l’INAO de l’AOP Duché d’Uzès devenue effective en 2012.

Le domaine Chabrier, d’une soixantaine d’hectares de vignes, produit une gamme d’une quinzaine de cuvées friandes qui vont des Coteaux du Pont du Gard à l’IGP Cévennes jusqu’à de très belles bouteilles en Duché d’Uzès. Le tout à un excellent rapport qualité-prix.

On apprécie les rouges intensément fruités dominés par la syrah. Même si c’est avec leurs blancs que les Chabrier ont bâti leur réputation. Et notamment leur assemblage de grenache blanc et de viognier en AOC Duché d’Uzès, décliné dans la cuvée Garrigue d’Aureillac. Soit des vins ultra-séduisants marqués par des arômes de fruits blancs et de fruits secs, à commencer par la noisette.

C’est d’ailleurs cette expertise qui a poussé Patrick Chabrier à s’essayer sur d’autres altitudes et notamment dans le Valais suisse, en travaillant sur quelques arpents un célèbre cépage helvète, la Petite Arvine.

La bonne humeur naturelle de Patrick Chabrier n’a pas été entamée par le maudit millésime 2017 qui a vu les viticulteurs d’Uzès comme nombre de leurs voisins languedociens faire face à des chutes de rendement de près de 40%. «C’est moins le gel que la sécheresse qui a conduit à ces petits rendements. En 2017, on a commencé à vendanger le 11 août. Je n’ai jamais vu ça, confie Patrick Chabrier de sa voix rocailleuse comme un bloc de schiste cévenol. Et on a ramassé les dernières parcelles de cabernet franc, le 19 septembre.»

 

Pour le reste, la fait est que les Vins Chabrier, rouges ou blancs, cartonnent avec la régularité de Big Ben chaque année au Concours général agricole de Paris (CGA). Soit près d’une centaine de cuvées médaillées depuis 1998 dont près de la moitié en Or. De quoi attendre avec sérénité l’édition 2018 du Salon de l’Agriculture et fêter dignement les vingt ans du domaine Chabrier repris par les fils.

 

www.chabrier.fr/

 

 

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