Normandie Nue

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Un village normand qui se met à poil pour sauver l’élevage français ! Mais on est où là ! Une telle idée n’a pu germer que dans le cerveau d’un cinéaste parigot, qui, gamin, a passé, toutes ses vacances dans l’Orne chez ses grands-parents. Bien vu. C’est le cas du dernier film de Philippe Le Guay, (Alceste à bicyclette, Les femmes du 6ème étage…) qui tel un Pagnol du bocage a choisi le village d’enfance de Mêle-sur-Sarthe, pour planter sa caméra et déshabiller ses habitants.

C’est peut-être ainsi pourquoi sa Normandie Nue, bien qu’ancrée sur le réel, distille au fil des scènes une poésie profonde. Celle de la vie sans parti pris qui fait des vegans ou du soja OGM un bruit de fond. Rarement des paysans ont été aussi attachants et plus sincères. Et pourtant, le registre bien français de la zizanie gauloise et de haines recuites sur fond de disputes cadastrales entre voisins n’est pas escamoté.
On pense à Full Monty – ces chômeurs du Yorkshire devenus chippendales pour sauver leur cité-  dans ce défi collectif pour inverser le sort du monde. Mention spéciale pour le malheureux François Cluzet, qui incarne le maire du village engagé et dont la pudibonderie a été mise à rude épreuve avec la dernière scène du film. Le bonhomme ferait un secrétaire général de FDSEA convaincant quand il s’emporte contre la viande roumaine. 
Et puis il y a ce formidable slip français entrevu, bien moins tendu que les strings US passant sous les doigts d’Harvey Weinstein et plutôt informe comme un autoportrait de Francis Bacon. On l’aperçoit une seconde dans le film cachant le postérieur d’un bon gros paysan normand. Et l’on pense à Gros Dégueulasse de Reiser… éminemment français mais bien plus noir … ce qui n’est pas le cas de cette Normandie Nue. 
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