Pierre Canot, décorateur au long cours

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A raison de six ou sept affaires par an, Pierre Canot a levé un peu le pied. Mais ses affaires ne passent pas inaperçues. La rénovation de l’Européen devant la Gare de Lyon en 2013, c’est lui.

Idem pour la brasserie Les Editeurs à Odéon devenue comme son nom l’indique un des rendez-vous favoris du milieu littéraire du quartier depuis 2002 quand il avait métamorphosé la vieille Brasserie Danton, alsacienne jusqu’au bout des ongles, en café contemporain et élégant. En 2014, il enfonce le clou avec l’acte 2 des Editeurs dont la mise aux normes d’accessibilité lui a donné l’opportunité de bouleverser la physionomie du lieu avec un premier étage modulable grâce à des bibliothèques sur roulettes qui permet de faire varier les espaces privatisables, un escalier large entouré de miroirs ou encore des sièges rouges made in France provenant de Liffol-le-Grand, (Vosges) connue comme la ville du siège.

Car Pierre Canot n’est pas le genre à jouer le bas-coût chinois. Ainsi en va-t-il du lustre de la pièce du bas. Fabriqué à Murano -l’île séculaire des verriers vénitiens- il ne compte pas moins de 400 pièces. Un lustre que Canot a pensé avec son compère de Boulle Jean-Pierre Laurence, spécialisé dans la lumière. Pour un particulier l’objet frôle les 100 000 €…

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Le bon goût c’est bien. Les beaux matériaux aussi. Mais le bon décorateur pour une brasserie est d’abord celui qui respecte ses délais. «Faire un chantier comme les Editeurs en deux mois, vous avez intérêt à connaître les artisans et à avoir des gens du métier qui savent travailler ensemble.» D’autant qu’en quelques années, entre l’acoustique, la sécurité, l’accès pour les handicapés, les dossiers et les normes ont pris de l’épaisseur.

Européen face à la Gare de Lyon

canot_cafe_metroCar pour employer une métaphore empruntée à la chirurgie esthétique, gonfler des seins à la silicone ce n’est pas la même chose que greffer un visage. Et avec Canot on serait plutôt dans la seconde option. Le genre à ne pas craindre de casser un mur porteur sur une dizaine de mètres et l’étayer avec une poutrelle IPN. Bref, rien ne semble l’émouvoir et le rebuter. Même s’il consent à reconnaître que le métier est dur. Question prix, il s’estime raisonnable. Ce qui explique aussi la fidélité de ses clients. Et à ceux qui trouvent les décorateurs trop chers, il répond. « Quand ils font leurs bistrots tout seuls, ils comprennent mieux nos prix.»

 

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