Les “Gueules de chefs” du père Cormier

0

cormier_bookJean Cormier est une figure de Saint-Germain des Près. Cet ancien journaliste du “Parisien”, copain de Blondin, est ici comme dans son village. On lui doit cet événement hors norme, l’organisation du “Marathon des Leveurs de coude”.


Voilà un bonhomme qui peut réunir en pleine semaine à 19h au Flore, des toqués comme Robuchon, Savoy, Constant, Camdeborbe ou Durtounier et bien d’autres. Des copains dont il dresse les parcours dans son dernier bouquin “Gueules de Chef”, une sorte de quinze des fourneaux.

C’est très sud-ouest voir très basque. Normal, c’est son pays. Ca ressemble un peu à une émission dominicale de Drucker, on est entre amis, on se réchauffe le cœur. Cormier fait partie de ces journalistes qui cherchent à mettre en lumière le meilleur aspect de la personnalité de ceux qu’il aime. On a un petit coup de cœur pour le portrait de Raquel Carena, la patronne argentine du Baratin bellevillois.

Reste que face à ses gentils papiers on a parfois un petit regret. Que le vieux briscard talentueux qui a pondu une bio du “Che” qui fait autorité n’oublie pas que le vent révolutionnaire souffle aussi dans les fourneaux. Il aurait été plaisant par exemple qu’il fasse sortir -parfois ? – leurs tripes à ses amis chefs quitte à les faire sortir de leurs gonds en évoquant les turpitudes de l’agro-alimentaire dont le pays basque en particulier et le Sud-Ouest en général sont souvent coupables et victimes à la fois. Notamment dans cette folie du terroir-caisse orchestrée par des coopératives qui n’en sont plus. Quitte à aborder la question des relations incestueuses entre gastronomie et agroalimentaire. Le bouquin de Cormier aurait pu alors pu s’appeler “Gueulantes de Chefs”.

SONY DSC

“Gueules de Chef” 
Editions du Rocher
 19€

Partager sur :

Les commentaires sont fermés.