Drugstore Publicis

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Sacré Drugstore  !  Aussi âgé que la Vème République. Il a eu son heure de gloire dans les 60 et 70s, Publicis vient de lui offrir une troisième jeunesse. Plutôt spectaculaire pour les yeux comme les papilles. Et qui remonte le niveau gastronomique des Champs…

Ca vaut le coup de s’y poser, ne serait-ce que pour tester l’assise des différents sièges conçus par le designer britannique Tom Dixon qui s’est basé sur le travail du décorateur des années 50 Mathieu Matégot.

Tom Dixon revendique un esprit Brasserie… D’où quelques codes visuels comme le rouge des banquettes de cuir ou le laiton. Pour le reste, on en est très loin. Ne serait-ce que par la perception ouatée et le son plus feutré de l’endroit … L’éclairage ultra-soigné et les différents espaces tiennent plutôt d’un club luxueux et contemporain en cohérence avec l’esprit des sixties du Drugstore. A l’époque, il n’y avait pas de comptoir de marbre ouvert directement sur les fourneaux pour ne rien rater du travail en cuisine. Une idée à l’œuvre depuis longtemps au  Pur‘ de Jean-François Rouquette du Park Hyatt Vendôme.

La cuisine imaginée par Eric Fréchon – 3 étoiles Michelin au Bristol- marche sur deux pattes, cru et cuit de l’entrée au dessert.  Elle peut sortir des assiettes pour toutes les humeurs du moment et – presque ?- pour toutes les bourses, comme un « cheeseburger » à 18€ ou un tartare à 22€. C’est frais, coloré, craquant ou suave parfois piquant et toujours franchement expressif question saveurs. Bien sûr, il y a le recours à des ingrédients asiatiques tels ce filet de bœuf laqué au soja, pak-choi et edamane (fèves immatures de soja) ou ce bar cuit au jus de coquillage et artichaut vadouvan. Mais il y a aussi du franchouille comme ce chateaubriand poêlé jus de cresson, pommes purée (42€).

A noter que le Drugstore n’a pas résisté à l’emphase traditionnelle autour de la viande, en mettant en avant des « morceaux » de collection. Tant mieux pour les fils d’émirs du Golfe en goguette élyséenne avides d’en mettre plein la vue aux petites vertus parisiennes. Faute de caviar, ils pourront commander un faux-filet de vrai wagyu de Kagoshima (195 €) tandis que les ploutocrates moscovites choisiront une côte de bœuf normande (110€)….Croisons les doigts pour qu’en mastiquant ces belles carnes, à la vision des barreaux structurant l’espace, ils n’en viennent à considérer leur vie comme une prison dorée et perdent tout appétit. Mais peut-être est-ce un message subliminal du décorateur Tom Dixon … subversif malgré lui.

En savoir plus le Drugstore côté déco

Le Drugstore
133, av des Champs Elysées
Paris 75008

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