Gallopin

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Dans le genre brasserie historique, Gallopin, situé pile-poil devant le Palais Brongniart, vaut son pesant de frites maison. Créée en 1876 par Gustave Gallopin, elle a accompagné des nuées de courtiers et de boursicoteurs dans leurs émotions fiduciaires quotidiennes.

Il ne manque presque rien au cadre de cette brasserie statutaire. Laiton, boiseries, verrières, vitraux et évidemment le long bar en acajou de Cuba qui structure le salle comme la Cordillère des Andes avec l’Amérique du Sud. Mais ce n’est pas la brasserie endiablée des boursicoteurs même si la clientèle du midi -encore essentiellement masculine- laisse entendre un rythme de bonnes fourchettes et de notes joviales.

Depuis le 1er décembre 2014, c’est Mathieu Bucher qui est aux commandes. Comme son père, Jean-Paul, le fils du fondateur du Groupe Flo maîtrise les bons rapports qualité-prix en matière de cuisine bourgeoise. Et une bonne lisibilité des prix en évitant le fléau des suppléments. 

Une formule midi et soir à 22€ (filet de dorade plancha épinards frais, filet de canette rôtie, gnocchis et petits légumes) séduit par la qualité et la fraicheur des produits. Le logo fait maison s’affiche en bas d’une carte resserrée. 

A côté du foie gras au gewurztraminer, la carte des entrées recèle un plat historique, l’Oreiller de la belle Aurore. Une sorte de pâté en croûte – sans doute le plus riche et compliqué du répertoire français- réalisé à l’origine par Aurore Récamier, la mère du gastronome Jean Anthelme Brillat-Savarin qui lui a amoureusement dédié la recette.

 

 

Une tranche de l’Oreiller de la belle Aurore servi au Gallopin

La version du Gallopin fait son effet chez les néophytes. Dans le même registre, on relève des cuisses de grenouilles en persillade (23€), un blanc de cabillaud nacré aux pointes d’asperges vertes (28€) ou encore une queue de lotte entière rôtie et tomates provençales (33€). En viande, il y a bien le tartare de bœuf Aubrac bio, pommes frites (18€) et surtout une côte de veau au sautoir, girolles fraiches et pommes grenaille ( 34€). 

Service cordial et jamais obséquieux. Les desserts achevent en beauté le convive telle cette omelette norvégienne flambée à l’eau de vie de framboises ( 22€).  

Quant à la carte de vins -est-ce une surprise?- elle est autant classique que statutaire. Pas vraiment un réceptacle de vins nature, plutôt des notabilités et des appellations nobles du côté de la Bourgogne et du Bordelais. Encore que Gérard Bertrand, le cador languedocien du négoce ait réussi à placer deux de ses estimables crus tels son Château de Villemajou (cru boutenac) ou encore son château de l’Hospitalet sur le massif de la Clape. 

Gallopin
40, rue Notre Dame des Victoires
75002 Paris
Tél. 01 42 36 45 38
Métro :  Bourse

Ouvert 7 jours sur 7

 

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