Algues vertes bretonnes, sus aux intégristes !

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Le 7 juillet, dans le Finistère, Nicolas Sarkozy a stigmatisé les « intégristes » de l’écologie. Pour lui, les agriculteurs ne sont en rien « coupables » de la prolifération des algues vertes sur les plages bretonnes. Petit hic, l’Etat Français a donc employé des préfets « intégristes ». En septembre 2009, le préfet des Côtes d’Armor, Jean-Louis Fargeas avait évoqué, dans une note à Matignon, la nécessité d’un « changement profond des pratiques agricoles » seul capable d’inverser la tendance. La chambre d’agriculture locale l’avait alors accusé de salir la profession…(lire)

« Les agriculteurs ne sont pas coupables de choix économiques qui ont été faits il y a longtemps » a plaidé le Président de la République. Les agriculteurs – et notamment le lobby porcin breton – ne sont pas responsables dans la prolifération des algues vertes dont le volume a doublé en un an. Qu’importe si le ramassage et le traitement du lisier vont coûter aux contribuables 134 millions d’Euros d’ici 2014. (A comparer aux 100 millions d’aides/an pour l’agriculture bio)


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Pour le Président, l’avenir a un nom : méthanisation. Un système paré de toutes les vertus qui transforme lisier et algues en biogaz et donc en électricité. Petit hic, cette belle usine à gaz  ne règle pas le problème des azotes que la méthanisation ne fera pas disparaître. La fuite en avant se poursuit pour le plus grand profit d’un petit nombre de personnes.
Bref, la campagne électorale semble porteuse de bonnes nouvelles pour le système agricole productiviste : FNSEA, coopératives géantes, producteurs de produits phyto, mais aussi géants de l’agroalimentaire ou de la grande distribution. Cette dernière fait d’ailleurs ses meilleures marges sur le cochon (lire ci-contre) sur le dos des éleveurs. Ces derniers semblent bien les seuls à ne pas profiter du système.

Pour ceux qui aiment la terre de France, sa diversité et les bons jambons, voir un Président de la République qui avait mis l’environnement au centre de sa politique agricole, nier ce symbole absolu du productivisme, semble difficile à avaler. Caresser dans le sens du poil une partie du monde agricole, c’est un coup électoral qui a longtemps marché avec Jacques Chirac. Mais au fur et à mesure qu’apparaissent les dégâts, la ficelle devient trop grosse. Il n’est pas sûr par exemple que les conchyculteurs frappés par une mortalité de 80 % de leurs huîtres partagent ce diagnostic sur les algues vertes.

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