Julie Campos, Cave de Tain l’Hermitage

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Trois questions à Julie Campos

Femme et britannique, de surcroît, dans un milieu aussi masculin et parfois rugueux que celui des viticulteurs rhodaniens, cela n’a pas dû être facile tous les jours ?

J’ai découvert un milieu plus macho qu’en Bourgogne où j’ai longtemps travaillé. J’ai énormément dérangé sans le vouloir. Si j’avais été un homme, j’aurais fait trop de dégâts collatéraux. Etre anglaise a pu devenir une force dans ce cas. C’est tellement décalé qu’on n’a plus à s’expliquer. Mais il fallait être prête à être isolée. Mon objectif était de montrer qu’avec les moyens qu’on me donnait on pouvait faire le meilleur modèle économique du monde. Or tout le monde me disait que c’était impossible par nature avec une coopérative. J’étais sûre du contraire. Qu’avec une spécialité comme la Syrah, on pouvait faire quelque chose.

campos2Quels ont été les obstacles les plus durs à surmonter ?
Les vrais problèmes ne sont pas venus des coopérateurs mais des concurrents. Ils disaient aux vignerons qu’ils ne gagneraient rien, leur racontant le contraire de ce que j’étais en train de mettre en place. C’est cette manipulation des esprits que j’ai eu du mal à accepter. Moi j’aurais préféré qu’on partage des expériences.

Et aujourd’hui, les revenus des coopérateurs ont-ils augmenté ?
Non, ils ne gagnent pas mieux leur vie. D’abord parce qu’on a énormément investi. Mais aussi parce qu’on traverse une période de crise qui nous empêche de payer beaucoup plus nos adhérents. Mais les gains sont à venir dans le futur.

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