21ème percée du Vin Jaune : Comtois rends-toi !  Nenni ma foi

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Avec les Jurassiens, il faut s’attendre à tout. Comme de voir un trublion du PAF, parrain de la Percée du Vin Jaune 2018, appeler à l’indépendance d’une Franche-Comté dans ses frontières de Charles Quint. «Nos vignobles, nos fromages, nos lunettes, nos saucisses de Morteau et notre Vache qui Rit suffiront amplement à notre bonheur. » Karl Zéro n’a pas boudé son plaisir de mettre en perce le tonneau du millésime 2011 de vin jaune face à des milliers d’amateurs venus à l’Étoile lever leurs verres pour l’occasion et à qui il a fait répéter à l’envie la devise de résistance franc-comtoise aux dragons de Louis XIV : «  Comtois rends-toi !  Nenni ma foi ! »

La Percée du Vin Jaune a encore prouvé qu’elle demeurait l’une des dernières fêtes bachiques authentiquement populaires. Le moindre de ses paradoxes n’est pas qu’elle célèbre un vin « extra-ordinaire» qui suppose un apprentissage du goût pour l’apprécier. Sauf ensuite à prendre le risque d’en devenir aussi « accro » qu’Obélix de sa potion.

Ce vin étendard permet aux Jurassiens de se singulariser face à l’élitisme ressenti de leurs Bourguignons de voisins. Un vin mystère fait à partir de savagnin dont quatre thèses, soutenues par la faculté de pharmacie de Besançon, ne sont pas venues à bout. Monseigneur Jordy, évêque de Saint-Claude, qui a officié dans la petite église stellienne lors de la bénédiction du millésime 2011, n’a pas eu trop de mal à faire un parallèle avec un autre mystère. Celui de la foi.

De la foi, ces vignerons jurassiens dans leurs caveaux n’en n’ont pas manqué pour faire goûter leurs nectars à 25 000 personnes sur les deux jours. Le prix du billet – plus élevé cette année (20€/jour pour 10 dégustations) – n’a pas ralenti pour autant l’ardeur des amateurs.

Dégustation dans les caveaux.

C’est un soulagement si l’on sait que la Percée, lancée en 1997, a bien failli disparaître après la précédente édition à Lons le Saulnier en 2016. L’afflux des visiteurs à la faveur d’une météo clémente avait conduit à des prises d’assaut les caveaux de dégustation et des ruptures de stocks.

D’où cette année un contingentent du nombre de visiteurs de façon à ne pas manquer de clavelins. D’autant que les derniers millésimes – à commencer par le maudit 2017-  et ses rendements en baisse de 70% ne permettront pas de reconstituer facilement les stocks.  Cela n’a pas empêché les Jurassiens de programmer une nouvelle Percée en 2019 à Poligny.

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