Lafont, doyen du vêtement professionnel, relance son offre pour le CHR

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Avec l’ouverture des cuisines sur la salle et la starification des chefs, le vêtement professionnel devient un fort vecteur d’image. Terminée l’époque où l’on retrouvait sur les vestes le menu du jour mâtiné de quelques notes de graisses et de sang … Même pour les bistrots, les pressings chauffent à plein. Et le choix d’une veste ou d’un tablier prend désormais en compte d’autres critères que la couleur…

Cela n’a pas échappé à Lafont. Loyenne historique des entreprises de vêtement professionnel – elle est née en 1844-  a de belle références clients comme Air France ou la SNCF. En 2016, Lafont est rachetée par Cepovett, entreprise de Villefranche-sur-Saône appartenant à la famille Sandjian. Après une éclipse de 15 ans, les nouveaux propriétaires poussent Lafont à un retour sur la scène du CHR avec une offre haut-de-gamme. Le jeu en vaut la chandelle, le marché français du vêtement CHR est estimé à 180 millions d’euros. Encore faut-il se démarquer pour faire son trou. Lafont compte bien faire reconnaître ses innovations en termes de style, d’ergonomie, de confort et de résistance au feu, notamment grâce au tissu « master cook » qui a nécessité un an de développement.

Comme Bonaparte au pont d’Arcole, Lafont a un porte-étendard. Le tablier 406, inspiré de la salopette conçue en 1954, grand classique de la maison. Un tablier 100% français, à base de lin cultivé dans les Hauts-de-France, fabriqué à Saint-Etienne, ce qui n’est pas forcément le cas de tous les autres vêtements produits par le groupe Cepovett qui possède des usines à Madagascar et dans le Maghreb. Le tablier 406 est même détourné de son usage premier chez les Tokyoïtes branchouilles.

Plutôt que d’attaquer par les sommets des fourneaux « macaronnés », Lafont reprend par la base, celles des lycées et écoles hôtelières notamment. Plus question de laisser tous les Hansel et Gretel de la restauration française se faire enfourner par l’ogre Bragard, leader du marché. Plutôt essayer de leur fournir le paquetage de base estimé au minimum à 150 €. Et comme Lafont se positionne sur le haut de gamme à l’instar de bien des écoles de cuisine, – Ferrandi, Ferrières…- il y voit une carte à jouer sur le long terme en espérant que les étudiants devenus professionnels lui demeurent fidèles.

Pour les bistrots du quotidien, cela demeure plus délicat, dans la mesure où l’habillement est un poste de coût de plus en plus lourd avec une veste et un tablier par jour et un pantalon tous les deux jours à changer. Ce qui pousse  bien des patrons, en tout cas pour la cuisine, à ne fournir que le tablier. Sauf dans les cas de la bistronomie où l’image chez certains compte autant que l’assiette. Ce qui devrait pas déplaire à Lafont.

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