Procopio, glaces, café et limonade et Voltaire en salle.

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Pour ajouter du piquant, Le Procope s’ouvrira plus tard au sexe dit faible. Les femmes dans un café, c’est une grande première à Paris. La formule inventée par Procope va faire flores. Dès 1700, Paris compte quelque 300 cafés, et 1750 cabarets (Chiffres tirés de l’article de Yves-Marie Bercé dans l’Ouvrage consacré à Paris et ses cafés publié par l’Action Artistique de la Ville de Paris.). On y refait le monde et on y commente les nouvelles parues dans la « Gazette » de Renaudot, sous censure royale.

Voltaire au Procope

Voltaire

En 1702 le Procope est repris par Dubuison, le nom va rester comme l’emblème du café littéraire par excellence. Voltaire, Diderot, Buffon, D’Alembert, Montesquieu, Rousseau, Marmontel viendront user leurs culottes et faire bouillir des idées qui feront tomber la monarchie. Le Procope deviendra un repaire des Jacobins durant la Révolution.

Le Café : lieu d’information et de désinformation

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On vient lire et commenter les gazettes au café. Attention toutefois aux paroles imprudentes, la police du roi veille et ses mouchards foisonnent. Une phrase malheureuse peut vous expédier dans les geôles du Châtelet ou de la Bastille. Pour couper court aux rumeurs, le lieutenant de police transmettait aux cafetiers les nouvelles à confirmer ou démentir. (Voir les lignes écrites par Louis Sébastien Mercier au XVIIIe).

Il y a le café, il y a également les guinguettes. On peut alterner aux jeux de mots et d’esprits stimulés par le café, l’envie de danser avec le peuple et de s’enivrer dans les guinguettes qui fleurissent au-délà du mur des fermiers généraux.

D’ailleurs, même les philosophes en conviennent le Café est un lieu dangereux pour le pouvoir.

Montesquieu pourra écrire, dès 1721:
«Si j’étais le souverain de ce pays, je fermerais les cafés; car ceux qui fréquentent ces endroits s’y échauffent fâcheusement la cervelle. J’aimerais mieux les voir s’enivrer dans les cabarets. Au moins ne feraient-ils de mal qu’à eux-mêmes, tandis que l’ivresse que leur verse le café les rend dangereux pour l’avenir du pays

Montesquieu fait aussi  allusion au café Procope dans la 36e des Lettres persanes :
« Le café est très en usage à Paris : il y a un grand nombre de maisons publiques où on le distribue. Dans quelques-unes de ces maisons on dit des nouvelles, dans d’autres on joue aux échecs. Il y en a une où l’on apprête le café de telle manière qu’il donne de l’esprit à ceux qui en prennent : au moins, de tous ceux qui en sortent, il n’y a personne qui ne croie qu’il en a quatre fois plus que lorsqu’il y est entré. »

Lire l’article consacré aux Guinguettes d’avant la Révolution.

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