Moineaux de Paris, la fin du gazouillis

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Une destruction aussi rapide est terrifiante. Si l’on en croit l’Agence Régionale de la Biodiversité (ARB), la population des moineaux parisiens a diminué de 73% entre 2004 et 2017 ! Etourneaux, serins et d’autres seraient sur la même voie.

A Paris, personne ne moufte. Au contraire. Le 25 juin, le Parisien publie un supplément financé par « Passion Céréales », le lobby de la profession. Le ton est donné façon premier plan quinquennal stalinien sur le « trésor céréalier » francilien et sa réponse au défi environnemental… Au menu, notamment un topo folklorique sur la baguette 100 % francilienne. «Une façon de répondre aux attentes environnementales des consommateurs». (sic).

Or, les grandes cultures céréalières d’IdF (blé, colza, orge) sont bien l’une des causes principales de l’éradication de nos oiseaux comme le laisse entendre l’ARB dans son rapport du 20 juin.
Le supplément céréalier du Parisien se garde bien de préciser que le recours aux produits phytos -insecticides et pesticides- a augmenté de 28 % entre 2009 et 2015 en Ile-de-France. L’encadré sur le bio fait 20 lignes, tant il est vrai qu’en réalité le bio couvre à peine 2,7% de la surface agricole francilienne … Autre encadré, celui de la replantation des haies, aimable blague chère aussi à MacDo. «La densité de haies y est très réduite, en moyenne 5 m linéaires par hectare, alors que la densité optimale pour la majorité des oiseaux agricoles est de 70 m linéaires par hectare » relève l’ARB.

Ce productivisme céréalier francilien et forcené semble conduire à une catastrophe annoncée… Et les 12 millions d’habitants de la région comptent pour des nèfles. La région érige un village Potemkine* à chaque Salon de l’Agriculture déclinant une image d’Epinal d’une agriculture bucolique avec toutes les spécialités franciliennes consommées par une infime partie de la population.

Outre les oiseaux, c’est aussi la production légumière et maraîchère francilienne qui fit les beaux jours des Halles chères à Zola qui se réduit comme peau de chagrin. Qu’importe, il y a Rungis et son train de fruits et légumes en provenance de Perpignan. Flûte alors ! il devrait disparaître à la fin de l’année car personne ne veut payer pour de nouveaux wagons frigos. Des centaines de poids-lourds quotidiens pourraient bientôt le remplacer. Juste un peu plus de bruit sur les autoroutes, de quoi couvrir les gazouillis de nos derniers piafs …

*Les villages Potemkine – du nom du prince éponyme- amant de Catherine la Grande, désignaient de faux villages modèles peuplés de faux paysans le long des routes quand la Tsarine visitait la Russie.

En savoir plus sur le site de l’ARB

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