Salon de l’Agriculture 2010

0

Agriculture française : changer les rôles du “Dîner de Cons” !

Le Salon de l’Agriculture a parfois un côté “Dîner de cons”. Quand on interroge Juana Moreno, directrice du Salon chez Comexposium, sur le chiffre d’affaires de l’événement, on se prend une porte dans le nez. “Ce n’est pas le sujet, pourquoi une telle question ?” Il faut alors lui rappeler qu’à 12€ le billet, ça fait une somme pour une famille de quatre. “Attention, on est moins cher qu’Eurodisney qui revient à 35€ !” Sauf que l’on sait que bien des stands du salon (ceux des régions, des départements, des chambres d’agriculture, des ministères ) sont déjà payés par le contribuable … Bref, voilà un salon qu’on paye deux fois et qui doit rapporter. Mais pourquoi tant d’opacité ?

Le diable gît dans les détails. Juana Moreno réagit exactement la même façon que certains agriculteurs français qui n’ont pas apprécié de voir le montant des subventions qu’ils ont perçues – parfois plus de 100 000 €/an – publié sur le site Télépac après que la France y fut obligée par l’Europe.

L’opacité, gros problème agricole français. Le Salon de l’Agriculture est comme le lapin du magicien, c’est lui qu’il faut regarder. Pas l’autre main. Il est vrai que pour les petits rats des villes et des champs, le Salon est un beau spectacle avec son concours agricole, ses défilés de blondes d’Aquitaine et autres Montbéliardes. Mais, aide-t-il à saisir les réalités de l’agriculture française ? Pas sûr.

L’homme de la rue, en revanche, ne sait qu’une chose : les produits alimentaires sont de moins en moins bons et de plus en plus chers. Quant à la France des grandes surfaces, qui alimentent les Français, elle est de plus en plus moche.

Il va devenir de plus en plus difficile de faire accepter aux citoyens qu’ils payent des impôts -transformés en primes- pour que la nature soit abîmée … et que les plus gros perçoivent de plus en plus. Car l’agriculture demeure plus que jamais ce système où 80 % des aides vont à 20% des individus. De fait, la concentration des terres est à l’œuvre comme jamais. Et l’image du petit paysan conjuguée au présent par les médias sert finalement beaucoup plus les “gros” que les petits …

Les discours officiels sur l’agriculture vous servent du développement durable à toutes les sauces. Bruno Le Maire, lui, assure œuvrer à une “nouvelle politique publique d’alimentation pour que la France retrouve son agriculture … ” Dans les faits le productivisme semble plus que jamais à l’œuvre. Le lobby agroalimentaire français qui, durant des années, a fait sa loi au nom des intérêts géostratégiques de la France ne semble pas prêt à lâcher le morceau. Et ce alors même que les excès du système nous pètent aujourd’hui à la figure ! Ce que la nation attend de son agriculture, est-ce une indépendance alimentaire factice ou qu’elle lègue aux générations futures un espace préservé ?

 Lire aussi : 

Porcs bretons et algues vertes
Viande, soja OGM et prairies retournées
Pesticides ou fruits cabossés
Symbolique du Bio pour l’agriculture française
La chute vertigineuse des revenus
Bruno Le Maire réunit un groupe de réflexion

1 2
Partager sur :

Les commentaires sont fermés.