Vuitton nos verres !

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Le Trump, c’est un robot de cuisine professionnel cumulant bien des fonctions : cuiseur, batteur, mixeur… il dispose même d’une cellule de refroidissement. De quoi faire tomber n’importe quel être chaud bouillant et en un rien de temps sous 0°. Cette fonction «antigel dans le calbute » comme dirait San Antonio, c’est celle que Bernard Arnault, ses champagnes mais aussi ceux des autres producteurs, expérimentent aujourd’hui avec la nouvelle menace de représailles commerciales brandie par les USA contre la France.

L’Hexagone s’est lancé seul  dans une « taxe Gafa » visant à faire payer l’impôt à  Google, Apple, Facebook et Amazon. Et ce, sans attendre les négociations en cours à l’OCDE et engagées avec les autres pays. En rétorsion, Donald Trump menace de surtaxer jusqu’à 100% pour 2,4 milliards d’euros de produits tels que vins pétillants, fromages type roquefort, yaourts et autres produits cosmétiques.

Déjà, depuis mi-octobre, une autre surtaxe américaine justifiée par la condamnation de l’OMC pour les aides de l’UE à Airbus, fait très mal aux producteurs de vins tranquilles de moins de 14° avec un taux de 25 %. Ils étaient les seuls concernés jusqu’à présent. Ce ne serait évidemment pas une consolation pour eux de voir leurs collègues champenois et les producteurs de crémants touchés à leur tour. Car le Président américain avait pris soin d’exempter champagnes et spiritueux de la taxe d’octobre. Et si Bernard Arnault, patron de LVMH (Moët et Hennessy) avait le 17 octobre dernier inauguré une usine Louis Vuitton au Texas en compagnie de Donald Trump, ce n’était que pure coïncidence… Avec son fils Alexandre, notre « homme le plus riche du monde » avait même été invité à bord d’Air Force One par le Président américain pour rejoindre l’usine texane.

Le siège de Moët & Chandon à Epernay

Et maintenant que faire ? Bernard Arnault sortira-t-il de sa manche une autre usine Vuitton à inaugurer outre-atlantique pour calmer l’ardeur guerrière et francophobe de Trump ? Ou Bruno Le Maire, ministre de l’Economie,  taxera-t-il en rétorsion  Big Mac et autres Whopper ?

Vins français aux USA : comment digérer 25% de taxe sur le prix de vente ?

Pas question d’abandonner les linéaires US aux concurrents ! A la cave mâconnaise de Lugny qui réalise le quart de son CA export aux USA, on partage l’augmentation de la taxe avec les importateurs. D’autres vignerons, du côté de la Loire, jouent sur l’étiquette pour être au-dessus du 14° en jouant sur le seuil de tolérance US et en croisant les doigts que les douaniers américains ne soient pas trop tatillons. Car c’est plus ou moins risqué selon sa situation géographique…
Plus on se situe au sud et moins le problème se pose du fait de vins solaires et de plus en plus riches en alcool, réchauffement climatique oblige. «J’ai étiqueté mes vins à 14,5°» confiait Philippe Guigal, DG de la maison de négoce rhodanienne éponyme qui fait 25% de ses ventes outre-atlantique. Début novembre, l’homme décrivait comme « monstrueuse » la mesure américaine. Il regrettait que l’Etat français et l’UE n’aient pas réussi à établir une «ligne directe » avec l’administration américaine comme l’avait fait Bernard Arnault pour défendre ses champagnes et cognacs. C’était avant la nouvelle menace de surtaxe liée à l’impôt Gafa…

 

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