Vignes à Bercy : les chais de Bercy

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En 1878 la ville de Paris fit de Bercy son entrepôt officiel. Une société privée, les Magasins Généraux des Vins, acheta pour sa part le parc du Château de Bercy situé hors des fortifications pour y installer ses celliers et chais.

Bercy était appelé le ” joyeux Bercy “, car le tout Paris populaire et mondain se pressait dans les guinguettes qui avaient investi les bords de Seine. Le vin, qui était bien moins cher qu’à Paris, coulait à flots au Rocher de Cancale, aux Marronniers et au Soleil d’Or.

Leurs cuisines débitaient chaque jour des plats de guinguette parisiennes imaginés sur ses bords de Seine : une matelote de poissons pêchés dans la Seine et cuisinés au vin rouge ou au vin blanc, une entrecôte marchand de vin, un merlan sauce à la Bercy (échalote cuites dans le vin à feu vif). Un coup de Beaujolais ou de Mâcon arrosait les gosiers. Les dimanches et les jours de fêtes, des attractions animaient son rivage. On y organisait des joutes, on y tirait des feux d’artifices…

Ah, le petit vin blanc qu’on boit sous les tonnelles.

Au XIXe siècle, les entrepôts de vin sont alors en plein essor. Les marchands de vins faisaient toujours venir leurs vins par bateaux sur les quais de la Seine, puis par rails grâce aux wagon-citernes qui étaient déchargés gare de la Rapée aujourd’hui disparue.

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Il faut dire qu’ils doivent répondre à une consommation de plus en plus soutenue des Parisiens en vin. Jugez vous-même.
Dans son livre “les consommations de Paris”, Armand Husson signale que “Paris est le principal débouché de toute la viticulture française et que le vin constitue la part essentielle des droits d’octroi”. Toujours selon Armand Husson, en 1854 la capitale compte “4408 marchands de vin et en 1872 Paris dans ses frontières d’aujourd’hui compte 11346 débits de boissons. La consommation des parisiens avoisine alors 4 millions d’hectolitres…”

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