Vins sans Indication Géographique

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La grande question des prix

Concernant ces nouveaux vins d’entrée de gamme, la grande question qu’ils soulèvent est celle de leurs prix. Comment imaginer qu’ils n’auront pas de conséquences sur le prix des gammes supérieures ?
Encore que l’on voit nombre de vins de pays bien mieux valorisés que bien des AOC. Qu’en ira-t-il si désormais des vins de cépages -ex-vins de tables- s’affichent à des tarifs plus élevés que des AOC ?
D’ores et déjà, dans certains bassins de production, on s’attend à ce que cette question des prix fasse basculer bien des viticulteurs autrefois en vins de pays vers les vins sans IG. Par exemple dans le sud-Ouest où certains observateurs s’attendent à ce qu’un tiers quittent les IGP.
Ce n’est évidemment pas le 6 août -jour d’ouverture des quotations- que l’on aura des indications, le système devra se roder une ou deux années.
L’autre question liée est celle du positionnement des grands opérateurs. Joueront-ils le productivisme à tout crin ou le qualitatif en payant plus cher les raisins bien travaillés. Il n’est pas sûr que Castel et consorts fassent dans le bas de gamme. Ils pourraient jouer au contraire la qualité en achetant plus cher le raisin bien travaillé pour tirer leurs marques vers le haut. Evidemment, même si cette réforme touche d’abord l’export, elle aura inévitablement des conséquences sur le marché français. Lire à ce sujet, quelques réflexions entendues lors de Vinexpo 2009.

Contrôle et sanctions
Pour les vins sans IG, les contrôles seront aléatoires. Entre 5 et 20% des entreprises par an pourraient être concernées. La largeur de la fourchette s’explique par l’inconnu du nombre d’entreprises habilitées.

Trois types de manquements sont prévus :

-le manquement mineur, c’est-à-dire une simple non-conformité ne remettant pas en cause la véracité et qui se traduira par une lettre d’information
– le manquement majeur lorsque le contrôle fera apparaître une non-conformité documentaire remettant en cause la traçabilité, qui se traduira par un avertissement et un 2ème contrôle
-le manquement majeur persistant qui entraînera un retrait de l’habilitation, un retrait de la mention du cépage du ou du millésime et se soldant par une interdiction de la commercialisation et du retrait du lot concerné.

Reste qu’on peut vraiment s’interroger sur l’efficacité des contrôles ? Que se passera-t-il si des professionnels peu scrupuleux venaient à s’approvisionner à l’étranger à des niveaux de qualité et de prix bien inférieurs à ceux pratiqués en France ? De toute façon, ils peuvent légalement introduire dans leurs vins jusqu’à 15% de vin étranger.

Difficile d’imaginer pour l’instant comment le système fonctionnera à la longue. On notera que la France, souvent critique face au libéralisme de Bruxelles, a mis en place pour ces vins d’entrée de gamme un système ultra souple qui pourra être un avantage de taille pour les groupes qu’ils travaillent à l’export, ou sur le marché intérieur pour le monde de la GMS. Au contraire, les vignerons indépendants attachés à leurs terroirs devront, quant à eux, supporter des coûts de contrôle plus élevés s’ils veulent bénéficier de l’AOP ou de l’IG. Le prix de l’authenticité n’a pas fini de grimper…

Qui pourra se prévaloir de l’étiquette Vin de France ?

Autre sujet de débat, la mention Vin de France, doit-elle être limitée et exclusive aux vins sans IG ou d’autres vins (AOP, IG) pourront-ils recourir à la mention Vin de France ou Produit en France le débat n’est pas clos.

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