Ce que nous devons savoir sur les poissons, coquillages et crustacés…

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De l’art de préfacer des ouvrages pour faire passer des idées qu’on a parfois du mal à exposer à des publics rétifs … Ainsi en va-t-il de Bruno Le Maire avec sa préface de l’ouvrage “Ce que nous devons savoir sur les poissons, coquillages et crustacés ». Un bouquin à mettre entre les mains des pêcheurs de thon rouge pour les inciter à la modération des prises et au respect des quotas …

Quoi qu’il en soit, « Ce que nous devons savoir sur les poissons, coquillages et crustacés » est un ouvrage aussi vulgarisateur que passionnant. C’est vrai au chapitre historique et notamment sur la prise de conscience de l’importance du hareng ou de la morue dans l’histoire de l’Europe. Ca l’est également sur le plan du bilan dramatique qui a suivi l’apparition des navires usine à partir de 1973. En moins de trente ans, ils ont sonné le glas du renouvellement de certaines espèces. «Difficile aujourd’hui pour un poisson d’échapper aux filets des grands chalutiers … Les poissons n’ont jamais été si petits» est-il écrit. Du coup, on prend conscience l’importance prise par l’aquaculture. Un poisson consommé sur deux en est issu contre un sur dix voilà trente ans. Mais aquaculture ne signifie pas forcément qualité.

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Bref, le bouquin est à recommander à tous ceux qui veulent en savoir plus sur la pêche et la nécessité de pêcher autrement. C’est d’ailleurs est un des atouts de la France avec un maintien d’une pêche artisanale qui capture autant de poissons que la pêche industrielle mais sans gâchis ni déchets. Un ouvrage qui plaide pour une gestion raisonnée avec un respect de la saisonnalité des espèces comme c’est le cas avec la coquille Saint-Jacques dans la baie de St Brieuc. L’ouvrage fait prendre conscience du besoin d’une labellisation, d’une traçabilité mieux définie pour les produits de la mer. On appréciera enfin la cinquantaine de recettes toutes plus appétissantes les unes que les autres. Bon appétit, M.Vatel !

« Ce que nous devons savoir sur les poissons, coquillages et crustacés ».
Delphine Germain
Editions Plon, 12 €

 

Coffe-Le Maire, alimentation et communication

Les politiques adorent les trombines médiatiques. Ca permet de crédibiliser leur démarche. Ainsi Bruno Le Maire s’est offert une jolie tribune le 8 février avec Jean-Pierre Coffe pour le lancement du dernier ouvrage de la collection de ce dernier, « Ce que nous devons savoir sur… ».

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La somptueuse salle Sully du Ministère a abrité pour l’occasion un superbe buffet. «Je suis du côté de Jean-Pierre Coffe sur la défense d’une agriculture raisonnable et je défends l’origine» a martelé le ministre aux côtés de celui qui fut l’un des défenseurs du patrimoine alimentaire français les plus acharnés de ces vingt dernières années.

coffe_pubHélas, ces derniers mois, le « père Coffe » a perdu une grande partie du crédit acquis de longue date chez tous les petits producteurs et artisans du pays en vendant sinon son âme tout au moins son image à un hard discounter qui n’hésite pas à serrer les prix des agriculteurs. Par exemple sur les producteurs de patates. Pas sûr qu’on en ait conscience de ce hiatus dans les couloirs du ministère de l’agriculture. Tant il est vrai que l’adage « le bruit ne fait pas du bien, et le bien ne fait pas de bruit » n’est pas celui qu’on médite le plus dans les cercles du pouvoir…

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