Collectionneur de machines à sous, un collectionneur pas comme les autres

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Cachez cette machine à sous que je ne saurais voir…

L’achat, la vente la détention de machines à sous est illégale en France. Dixit la Brigade des Jeux. Quid alors de leurs collectionneurs ?

Les premières machines à sous apparaissent en France à la toute fin du XIX°. Il s’agit essentiellement des roulettes. Elles doivent respecter la loi : à savoir pas de jeux gagnants.  De 1902 à la première guerre mondiale les jeux de hasard sont interdits en France. La loi impose le paiement des gains en jetons de consommation à utiliser dans l’établissement où est installé l’appareil. Les enjeux sont limités à 10 centimes et les gains à deux ou trois fois la mise. En 1909, le remboursement du jeton n’excède pas 30 centimes. L’autorisation d’exploitation d’un nouvel appareil s’accompagne, ensuite, d’une taxe de 10 francs.

La France développe à cette époque les machines à billes qui seront assimilés à des jeux d’adresses tandis que se développent à la même époque outre-Atlantique les jackpots qui ne feront leur apparition en France que dans les années 30.

La loi de 1937, complétée par celle du 12 juillet 1983 interdit l’exploitation, l’achat, la vente et la détention de machines à sous dans les lieux publics, les cafés, fêtes foraines et épiceries. La Brigade des jeux est formelle sur ce point. De quoi donner une conotation interlope à tout collectionneur. C’est à peine s’ils ne sont pas assimilés à des gens du milieu. Mais si théoriquement, les collectionneurs de machines à sous vivent dans l’illégalité, en pratique, la police ferme les yeux. Libres à eux d’en détenir à leur domicile. A condition de ne pas y jouer dessus.

Une restriction qui est loin de freiner le marché. Car le nombre de collectionneurs ne cesse d’augmenter depuis deux ans. “Beaucoup achètent une machine à sous, explique Jean-Claude Baudot, président du Club des collectionneurs et viticulteur dans le civil pour décorer leur living ou la salle de billard à la campagne.”

Pour Jean Lemaître collectionneur français mondialement reconnu le rapport peut être beaucoup plus affectif comme il l’explique dans son ouvrage aujourd’hui épuisé “100 ans de machines à sous”. “Les machines à sous signifient pour beaucoup la fortune, l’espoir d’atteindre l’inaccessible, la certitude que tout peut être possible. Les barrières tombent et le tapis rouge se déroule, menant le joueur vers un monde ou tout est bonheur et douceur de vivre. Mais les machines à sous c’est aussi l’envers du décor, les rêves déçus , les fortunes dilapidées. D’autres y voient également le symbole d’un monde d’exploiteurs. En fait, il est plus raisonnable de situer les machines à sous à mi-chemin entre ces deux extrêmes ni anges, ni démons, elles doivent être appréciées pour ce qu’elles sont : un amusement

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