Côtes-de-Bourg

Et si les côtes de Bourg avaient fait le bon choix ? Celui de rester à l’écart de l’aventure des côtes de Bordeaux*. Longtemps réputé vin conventionnel, le genre de bouteille que l’on commandait aux termes d’un consensus minimaliste entre convives craignant l’audace, les côtes deBourg commencent à sortir des sentiers battus.

Oublié le complexe de la rive droite de la Gironde -face aux nobles médocains de la rive gauche- et la recherche de la standardisation gustative à la bordelaise. Depuis quelques années, certains se sont mis à produire dans le vignoble de jolies choses à de très bons rapports qualité prix. On y compte pas mal de viticulteurs quinquas qui ont repris un vignoble dans les années 90 à une époque relativement prospère pour le vin. Ils ont souvent servi d’aiguillon pour faire évoluer l’image des côtes de Bourg et la sortir du classicisme bordelais. D’où les changements en œuvre depuis quelques décennies. Le fait est qu’entre anciens et modernes, même si les débats existent, l’esprit est à la solidarité.

La ville de Bourg sur la Gironde

Les vins rouges des Côtes de Bourg ont été longtemps marqués dans leur jeunesse par une certaine rugosité tannique (même si les choses évoluent avec des meilleures rondeurs), voire une certaine verdeur qui demeure présente assez longtemps. Dans les meilleurs millésimes -comme ce fut le cas de 2009 et 2010- et lorsque la vendange est bien mûre, les cabernets-francs peuvent apporter une certaine profondeur qui garantit une bonne garde de 10 à 12 ans. Mais la grande majorité des vins de l’appellation sont à boire dans les 8 à 10 ans. Si tous les vins ne se valent pas en bourg, on relève une proportion de très bons rapports qualité prix. Avec des vins ronds souvent amples avec parfois des notes épices apportées par le malbec.

Car avec près de 10% du vignoble plantés en malbec, les côtes de Bourg sont l’appellation bordelaise qui recourt le plus au “cot de bourg” autre nom du cépage. Foin de rusticité cadurcienne, sur les rives de la Gironde les tannins du malbec semblent s’assouplir plus rapidement apportant des notes aromatiques très marquées de fruits noirs suivies de notes épicées et chocolatées. Et ce, même sur des millésimes récents. Le plus souvent assemblé avec du merlot, le malbec constitue parfois l’unique cépage d’un côte de Bourg qui prend alors des accents argentins tant il est vrai qu’au pays du tango, le malbec est devenu le cépage emblématique. Ainsi cette cuvée 2010 du Château de la Tour des Graves 100% malbec, aussi aromatique que ronde, ne suprendrait pas dans les bodegas de Buenos Aires.

Château Haut-Bajac en Côtes-de-Bourg

Sur place, dans cette belle ville de Bourg qui a historiquement lié son sort aux vins, les vignerons ont joué à fond la carte de l’œnotourisme. Ainsi, leur Maison du Vin située à l’entrée de Bourg est ouverte au public. Un lieu à la fois créatif et interactif où le néophyte comme l’amateur de vin trouveront des espaces de découvertes et de dégustations. Surtout 150 vins sont référencés dans la cave voûtée.

Maison du vin à Bourg

A tour de rôle, les vignerons assurent la vente même lorsqu’il ne s’agit pas de leurs vins. Surtout, les cuvées sont vendues au même prix que dans les chais. Ce qui permet de panacher plusieurs domaines si l’on a peu de temps pour visiter le vignoble.
Lire la suite, petite sélection de cuvées de Côtes de bourg.

 

Carte d’identité de l’appellation

Surface du vignoble : 3900 ha en production (dont 25 ha en blanc)
Production en rouge : 200 000 hl,
Production en blanc : 1200 hl
Date du décret : 11 septembre 1936 pour les rouges, 19 mai 1945 pour les blancs
Rendement de base : 40 hl
Cépages pour les rouges : merlot (65%), cabernet sauvignon (20%), cabernet franc 5%, malbec 10%.
Cépages pour les blancs : Sauvignon, colombard, sémillon, muscadelle.
Nombre de producteurs : 450 dont 250 indépendants et 200 coopérateurs

En savoir plus sur l’appellation : www.cotes-de-bourg.com/

Blayais et Bourgeais

Face au Médoc, sur la rive droite de la Gironde, un doux moutonnement de collines dominant parfois l’estuaire forme le vaste vignoble qui, de Bourg-sur-Gironde à Blaye, comprend les appellations des Côtes de Bourg, de Blaye et des côtes de Blaye. C’est une belle région opulente où l’on cultive la vigne depuis l’époque antique, comme en témoigne les restes d’un cuvier dans la villa gallo-romaine de Plassac. Les vins d’aujourd’hui, en majorité rouges, sont de bons bordeaux présentant souvent d’honnêtes rapports qualité-prix.

 

*En mars 2009, l’Inao a approuvé le projet de cahier des charges d’une nouvelle Aoc Côtes de Bordeaux. Elle est issue du regroupement des Aoc Premières Côtes de Blaye, Premières Côtes de Bordeaux, Côtes de Castillon et Bordeaux Côtes de Francs. Mais la possibilité reste ouverte d’accompagner la dénomination Côtes de Bordeaux par une des quatre appellations locales Blaye, Cadillac, Castillon ou Francs