156e vente des Hospices de Beaune, un millésime « bien dans ses peaux » malgré gel et mildiou

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Eddy Mitchell, Virgine Ledoyen ou Claude Lelouch compteront parmi les parrains de la 156e vente des Hospices de Beaune le 20 novembre. La récolte 2016 permettra de proposer 596 pièces (126 de blancs et 470 de rouge). La vente de la Pièce du Président, un tonneau de 228 litres, issue de l’appellation Corton-Bressandes Grand Cru, sera faite au profit des deux associations, Cœur&Recherche et l’Arc. Joli cadeau à la recherche. En 2015, la Pièce des Présidents avait enfoncé tous les records, à 480 000 € (sur un montant total des ventes de 10 156 000 €). Soit 1666 € la bouteille.

La vente des Hospices donne le la sur les crus bourguignons. Et celui de 2016 a donné de sérieuses sueurs froides aux vignerons. A l’hiver doux a succédé un joli printemps jusqu’au gel du 27 avril qui a frappé toute la Bourgogne et détruit les premiers raisins. Puis, ce sont des pluies incessantes à l’origine de poussées de mildiou jamais vues de mémoire d’homme. Certaines parcelles étaient tellement boueuses que le travail a dû se faire à dos d’homme et pas question de temporiser comme l’a expliqué Ludivine Griveau, régisseuse/œnologue des Hospices.

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Heureusement le bel été en juillet et août et un mois septembre ensoleillé malgré quelques averses ont permis une superbe maturation. A l’arrivée, des pinots savoureux, généreux et soyeux vendangés avant les chardonnay. Ces derniers étant attendus « purs et souples ».

Le député-maire de Beaune, Alain Suguenot, a défendu la voie classique de l’agriculture française. «Avec des années comme celle-là, si on lisait l’arrêté du gouvernement sur les produits phytosanitaires il faudrait arracher les vignes » a-t-il lancé. Et pourtant Ludivine Griveau, l’œnologue dont c’est le 2ème millésime, semble changer les choses. Ne serait-ce par le seul fait que la moitié des douze traitements qu’elle a appliqués à ces 117 parcelles étaient en bio. De quoi espérer un jour, une cuvée des Hospices exempte de produits de synthèse qui marquerait la fin de la discontinuité entre le passé et le futur. La référence aux pratiques monastiques bourguignonnes originelles de respect absolu de la terre, d’une part, et la garantie d’un vin qui soit bon pour le corps. Surtout à un moment où les perturbateurs endocriniens présents dans les pesticides semblent impliqués dans l’augmentation récente de certains cancers, tels que celui du sein chez les femmes jeunes. Vu sous cet angle, une cuvée des Hospices bio ne sera pas vue comme un caprice de bobo.

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