Daddy Bear

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Le déménagement attendu d’Europe 1 rue François 1er (Paris VIIIe) a déjà modifié la physionomie de certaines affaires. Ainsi en va-t-il de l’ex-Antenne, de l’autre côté de la rue, devenue Daddy Bear, un resto  Burger Steakhouse. C’est son patron, qui sentant le vent tourner, a  procédé à cette métamorphose. 

Murs bardés de bois façon baraque de trappeur, équipe prévenante et de bon conseil, l’affaire est fort sympathique. A la carte, deux burgers quotidiens : le Lubbock beef  (17€) avec charolais, oignons caramélisés, cheddar etc. Et le  Chico beef ( 18€) avec guacamole et bacon en sus. Et chaque mois, un « burger signature » (18€), par exemple au wasabi façon soleil levant. Côté Steakhouse, viandes de races différentes en fonction des arrivages sont proposées comme un faux-filet (origine Bavière) à 23€. 

Difficile pourtant de ne pas voir dans ce Daddy Bear le énième sacrifice d’un bistrot parisien au Moloch Burger. Jean-Louis Bac, patron cantalien d’origine, ne biaise pas. «A l’Antenne nous servions du bourguignon et tous les plats du répertoire bistrot. Il nous est même arrivé de proposer de la truite aux amandes. Certains me demandaient pourquoi on laissait la tête, d’autres souhaitaient qu’on leur lève les filets… Quand je mettais à la carte du civet de biche, on m’accusait d’avoir tué Bambi. Je ne vous parle pas du pigeon ramier… Finalement j’ai laissé la cuisine traditionnelle à mes voisins du quartier, quand je me suis rendu compte que 70% des commandes étaient des burgers.» Alors effet de la clientèle du quartier des « Champs » à la culture gastronomique en peau de chagrin ? 

 

 

Il reste toutefois des raisons d’espérer. D’abord parce que le patron est un véritable adepte du frais – il a supprimé ses « congelos »- et du  fait maison. Dans son Daddy Bear cela commence par les frites, réalisées avec les pommes de terre de Guy Leverdier un fidèle producteur ami de Seine-et-Marne. Et puis, périodiquement, la plancha du chef Frédéric qui s’y entend en cuisson, reçoit de beaux morceaux dédiés à des amateurs pointus telle que la poire ou l’araignée, sans oublier parfois l’angus d’Irlande ou de la simmenthal bavaroise.

Enfin, le patron a aussi un autre bistrot sur la rive droite boulevard Haussmann -le Colonel Moutarde- où il travaille les terroirs français. A commencer par la morteau. Aucun indice ne semble pour l’instant laisser présager qu’il ne le transforme en burger…

 

Daddy Bear

27 rue François 1er,
75008 Paris

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