Bouillon Pigalle

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Difficile de rater ce Bouillon Pigalle sur le boulevard de Clichy lancé fin 2017 dans un tintamarre de “com” peu banal. C’est un peu comme si Paris redécouvrait le concept du restaurant populaire. Le soufflé n’est pas retombé. Marabout s’apprête à sortir un livre de recettes du Bouillon Pigalle. La joyeuse effervescence ne fait hélas pas oublier quelques mauvaises surprises dans les assiettes… 

Banquettes rouges, chaises bistrot…luminaires, le Bouillon Pigalle emprunte bien des codes à l’univers de la brasserie auquel s’ajoute une ambiance ligne claire belge qui lui donne un côté frais et gai comme une planche de Spirou. Le personnel virevoltant aux plateaux surchargés ajoute au spectacle de la frénésie du lieu. 

 

Comme son nom l’indique, le restaurant appartient à la catégorie des bouillons, établissements populaires de la fin du XIXè siècle œuvrant à nourrir employés et petits fonctionnaires, à petits prix tel que le Bouillon Chartier, rue Montmartre, incarne depuis des décennies. 

Malgré une communication massue visant à faire croire du contraire, le Bouillon Pigalle n’a donc rien de vraiment inédit. «On était des fans de Chartier, le plus étonnant est que personne n’ait eu l’envie de créer un bouillon plus tôt.» déclare Guillaume Moussié (ci-dessus), l’un des patrons, quand on lui demande s’il n’a pas “un peu” copié Chartier. Le fait est que le bouche-à-oreille a vite fonctionné. Comme chez Chartier, pas de réservation. On fait la queue. Mais sur le trottoir.

Les entrées et les plats sont puisés au répertoire immortel de la cuisine familiale et bistrotière. Museau (3,80€), escargots (7€ les 6), poireau vinaigrette ( 3,40 €) en entrées, hareng – savoureux- comme les trois œufs accompagnés d’une mayonnaise de beau caractère.  

En plats : tête de veau gribiche ( 11€), aile ou cuisse de poulet frites, (9,80€), tartare de bœuf préparé, frites, blanquette ( 10,50€), bourguignon coquillettes agneau de 7h mojettes au jus (9,80 €). 

On est plus réservé sur la maîtrise de certaines viandes. Le petit bout de saucisse au couteau mériterait d’être un peu moins gras et plus copieux . Quant au gigot, flanqué de deux tomates provençales (13,50€) on peut tomber sur un morceau indistinct pas dénervé, au fort goût de mouton et impossible à couper a fortiori avec un couteau à viande non aiguisé, c’est un peu la douche froide de ce chaud bouillon. Dommage, une viande médiocre marque inconsciemment et longtemps le souvenir d’un repas et la confiance dans un restaurant…

Les desserts atténuent un peu l’impression. Surtout le chou-chantilly ( 2,90€) et sa crème tendre comme la joue de la Pompadour. Le baba ( 4,50€) dans son ramequin, noyé sous sa crème est plus quelconque. Rien à voir en tout cas avec l’idée que l’on se fait de ce dessert dont la seule forme rebondie comme une brioche est une promesse de volupté dans le palais. Pas facile de faire bouillonner les canons de la tradition au quotidien. 

Bouillon Pigalle
22, bd de Clichy,
75018 PARIS

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