Au Va et Vient

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C’est le genre de troquet qui passe parfois sous les radars. Non qu’il soit mal situé, au contraire ! sur la place Félix Eboué pour un peu on ne verrait que lui… Mais c’est justement ce côté affaire de passage indistincte qui peut faire hésiter à pousser la porte d’Au Va et Vient… Funeste erreur en l’occurence.

Même si au premier coup d’œil, il faille s’accommoder d’une déco improbable évoquant des notes seventies entre luminaires boules et touche d’Heroic Fantasy sur la fresque, ce bistrot se distingue par sa cuisine terriblement délicieuse et créative d’un excellent rapport qualité/prix !

La Chef Charlotte avec ses deux confrères : Alfred (à droite) et Selvam

Toc, toc, toc c’est la petite Charlotte ! Une jeune Chef de 36 ans qui chaque jour vient de Blois depuis dix ans régaler les clients d’Au Va et Vient. A 24 ans, elle a réaiguillée sa vie professionnelle sur la cuisine par un passage au Lycée hôtelier de Blois puis aligné les expériences dans de belles adresses, – Mas du Langoustier à Porquerolles, Eden Rock à Antibes, et travaillé dans les fourneaux d’ Hélène Darroze et Cyrille Lignac.

Dariole de foies de volaille, jus de cèpes

Chaque midi, sa formule à 16,40€ sonne comme la promesse de nouvelles saveurs. Ni pur tradi, ni worldfood, mais créative et féminine en phase avec les saisons et les produits. Charlotte ne s’interdit rien.  Y compris de picoter sa blanquette de quartiers de combavas ou de laquer une poitrine de veau aux épices douces avant de la faire confire durant 10h. Car la Chef n’est pas le genre à tricher avec la marche du temps dans ses fourneaux en recourant au micro-ondes et autres poudres de perlinpimpim des maisons Nestlé ou Unilever. La chef réduit elle-même ses fonds de sauce avec ses carcasses de volaille.

Brandade de merlu parfumée au safran et herbes fraîches, son mesclun et son rougail

Avec elle, on n’est jamais dans la pâte à modeler indigeste. A l’exemple de sa dariole de foie de volaille aux épices douces et porto blanc, jus de cèpe à la texture et aux odeurs d’un tapis de feuilles mortes séchées dans un sous-bois. Heureux aussi celui qui tombe sur ses ravioles de chapon, aux trompettes de la mort dans un bouillon de badiane. Côté desserts, tout est aussi maison. Des poires sensuelles rôties au miel, au moelleux de caramel au beurre salé. Ces douceurs sont déclinées en mini-versions pour qu’on puisse goûter à tout. Bref, on ne s’étonnera pas dès lors du relatif silence qui règne dans ce bistrot à l’heure du déjeuner.

 

Au Va et Vient

6, place Félix Eboué
75012 Paris
Tél. +33 1 43 44 46 36

Formule du midi en semaine : 16,40€ ( E+P ou P+D)

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