Gaillac, l’avenir est dans les bulles ?

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Ce beau vignoble s’étage sur les coteaux du Tarn en aval d’Albi. Il fut l’un des plus anciens et respectés de France. Hélas, le gaillac est un vignoble dans la tourmente. Trop petit et trop divers pour asseoir son identité.  L’appellation déroute souvent le non-initié. Trop de cépages, trop de spécialités, vins tranquilles rouges et blanc, mousseux. Le gaillac fut d’abord réputé d’abord pour ses blancs issus de cépages autochtones, len de lel (loin de l’œil), mauzac et muscadelle, prunelard et duras.

«S’il y autant de cépages autochtones c’est aussi dû à la situation exceptionnelle du vignoble, il y a des raisons géographiques, climatiques et géologiques qui nous permettent de faire 14 vins différents.» explique Robert Plageoles vigneron célèbre de gaillac pour sa recherche sur les vieux cépages, mais pas vraiment emblématique du gaillacois. Car l’homme est un révolté. «Après le phylloxera et surtout la seconde guerre, on s’est mis à planter des cépages bordelais comme le sauvignon ou d’autres des cotes du rhône qui n’avaient rien à faire.»

La vigne c'est une culture à l'Isle-sur-Tarn

La vigne c’est une culture à l’Isle-sur-Tarn

Ainsi l’identité de l’appellation s’est peu à peu diluée et la crise s’est installée. Ces dernières années, on est revenu -un peu ?- à la recherche de cette typicité due notamment à ses cépages autochtones.

A la Maison des Vins de Gaillac, on défend à fond ce savoir-faire qu’est la Méthode Gaillacoise. Cette mousse obtenue à la fermentation naturelle mais qui demeure pour l’instant une production de niche avec 300 000 bouteilles. Reste qu’avec le prix toujours élevé du champagne, il se pourrait bien que ces bulles gaillacoises fruitées trouvent de nouveaux débouchés au-delà des frontières régionales. Les vignerons du Gaillacois semblent entendre le message puisqu’ils sont près de 40 aujourd’hui à s’être mis à la méthode gaillacoise.  Même si celle-ci est contestée par Robert Plageoles pour qui il n’est de méthode gaillacoise que naturelle…sans recours à des levures de laboratoires.

L’AOC Gaillac :

Située dans le Tarn, l’AOC Gaillac représente 2500 hectares* répartis sur 73 communes pour une production AOC de plus de 165 000 hl.

Il n’y a pas un Gaillac mais une gamme multiple de vins blancs secs, doux et perlés, de vins rouges et rosés, d’effervescents issus de cépages autochtones à commencer par le len de l’el pour les blancs.

3 coopératives et 100 caves particulières se répartissant la production par moitié.

Reportages chez les Plageoles

La Saga des Cépages Gaillacois par Robert Plageoles

Saga des cépages GaillacoisC’est un passionné, un tourbillon verbal sur le vin qui vous laisse pantelant. Robert Plageoles, dont on retrouve les vins dans bien des bistrots de la capitale est l’auteur de la « La saga des cépages gaillacois et tarnais en 2000 ans d’histoire ». Régulièrement, il se confronte avec les contrôleurs de l’Onivins qui lui rejettent ses cépages : «Ils osent me dire que le mauzac noir n’existe pas ! » Du coup, il commercialise les 3/4 de ses vins en vins de table.

De même par rapport à la méthode gaillacoise, il dénie cette appellation aux plus grand «puisqu’ils recourt aux levures chimiques ou sèches et donc pour moi, sur place on n’est que 5 ou 6 à la pratiquer.

« La saga des cépages gaillacois et tarnais en 2000 ans d’histoire ». Robert Plageoles. Jean-Paul Rocher, Editeur.

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