Les vins de la Vallée du Rhône.

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Entre Vienne et Avignon sur les rives du Rhône s’étend le 2e vignoble AOC français d’AOP en superficie comme en production. Ses premières traces dans l’histoire remontent à l’époque phocéenne. C’est au sud de Vienne que l’on recense quelques-uns des vignobles les plus vénérables de France, à commencer par le fameux Hermitage.

Au nord, autour de Tain l’Hermitage, les grands crus historiques et aristocratiques s’étagent sur de belles terrasses abruptes, qu’on travaille à la main et à la force des mollets.
Au sud, s’étendent notamment les côtes-du-rhône génériques, vins de comptoir jeunes et fruités parfois snobés à ce titre alors qu’ils apaisent la soif et délient les langues de nombreux clients de bistros impécunieux. «Un quart de côtes ! Ça marche ! » Dans les bistrots de Paris, c’est souvent d’eux qu’il s’agit.




Alors aristos ou nord, prolos au sud ? Le cliché ne fonctionne pas. Car il ne faut pas oublier les crus méridionaux. A commencer par le châteauneuf-du-pape, le gigondas et autre vacqueyras.
En revanche la fracture nord-sud s’applique mieux aux cépages. La noble syrah parfois exclusive au nord se mêle avec bonheur au grenache dominant au sud et au mourvèdre. Le “GSM” (grenache, syrah, mourvèdre) est une formule qui a tellement fait ses preuves qu’on la retrouve même en Australie. Heureusement, pour les adversaires de l’uniformité, il y a une vingtaine d’autres cépages dans l’appellation. A commencer par la jolie counoise ou le gentil cinsaut.
La dichotomie nord-sud se retrouve aussi avec les acteurs. Au nord, plus de la moitié de la production est entre les mains des négociants. Certains d’entre eux, célèbres comme Guigal, Chapoutier, Jaboulet et consorts, ont porté haut les couleurs des vins rhodaniens à l’étranger. Au sud, domaine de l’appellation générique, ce sont les coopératives qui écoulent jusqu’à 70% de la production. Nombre d’entre elles ont fusionné pour économiser leurs frais de structures poids significatif en termes de commercialisation et de marketing. Avec un exemple incontournable, le Cellier des Dauphins, marque leader de l’Union des Vignerons des Côtes-du-Rhône qui “débite” 30% de la production des côtes-du-rhône.

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