Le vin bio en France

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La France est le troisième plus gros consommateur au monde de pesticides et les vignes sont les premières à y contribuer devant les céréales. On peut dès lors comprendre que le vin bio ait un potentiel de développement …
Même le respecté et regretté directeur de l’INAO (l’institut national des appellations d’origine) René Renou, avait reconnu que les vignerons renonçant aux pesticides et engrais chimiques avaient « raison sur le fond » et représentaient « l’avenir des vins de terroir. » Il est vrai Roundup (désherbant de Monsanto) n’existait pas en 1855, lors du classement des bordeaux.

Pour être exact, il n’existe pas de vin bio en France mais du « vin issu de raisins produits en agriculture biologique ». Concrètement, les pesticides, herbicides et autres produits chimiques de synthèse sont interdits au profit de traitements naturels de la vigne et des sols.
Pour les maladies les plus fréquentes (mildiou, oïdium), les traitements au soufre et à la “bouille bordelaise” (à base de cuivre) sont autorisées au grand dam de certains viticulteurs orientés vers la biodynamie. (voir interview de Déborah Knowland)
Le label AB (Agriculture Biologique) ne reconnaît une reconversion de vignoble en bio qu’au bout de trois ans, soit à la quatrième récolte de raisins.
En revanche pour la vinification c’est encore le grand flou. En cave, le viticulteur est libre d’ajouter les produits qu’il veut, à condition bien sûr que ceux-ci soient autorisés. Il y en a trois cents, à commencer par levures exogènes chimiques….

Le Bio souffre en France d’un éparpillement des initiatives individuelles, et la difficulté à créer de vrais filières reconnues.
Bref, le bio ne marchera que si les viticulteurs se rassemblent.

Le bio en chiffres
– plus d’un un viticulteur sur 1000 s’est mis au Bio soit 1 500 viticulteurs français sur 103 000
– 20 000 hectares cultivées sur 840 00
– Des ventes en progression de 10 % par an. Dans les rayons des grandes surfaces, le bio se vendrait autant que les vins étrangers.
Le vin « bio » coûte en moyenne 20 % plus cher à produire qu’un vin traditionnel.

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