Côtes de Gascogne, l’IGP qui tient à le rester !

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Les 1200 vignerons des Côtes de Gascogne -principalement gersois- ont réussi un joli coup avec leur IGP. De fait, les Côtes de Gascogne sont une des plus belles réussites du vignoble français de ces trente dernières années. Cette reconversion de vignes souvent uniquement dédiées à la distillation pour l’armagnac a permis de compenser le déclin de la consommation de ce dernier.

Carte des Côtes de Gascogne

Carte des Côtes de Gascogne

Les Côtes de Gascogne évoquent des blancs frais, vifs et très aromatiques. Ces vins très séducteurs plaisent aux jeunes mais aussi aux femmes d’autant que leur degré d’alcool n’est jamais très élevé. Tout comme leurs prix avec des bouteilles autour de 5,50€. Il faut les boire dans leur prime jeunesse. Grâce à cet IGP, le Gers est devenu le premier département exportateur de blancs.

Le vignoble des côtes de Gascogne s’étend principalement sur le territoire du Gers (à 90%) avec des incursions dans les Landes et dans le Lot-et Garonne. Dans ce vignoble du sud-ouest si marqué par une couleur rouge tirant vers le noir comme de l’encre… (madiran, fronton). Le blanc représente 85% de la production.

Une IGP plutôt qu’une AOC ? «Passer en AOC, cela impliquerait de baisser le rendement à 50hl. Ce n’était pas évident. Ce qui compte, c’est que nos vignerons vivent de leur travail. » explique Jean-Pierre Drieux, président du syndicat. A l’entendre, sur ce plan, l’IGP a porté ses fruits. «Depuis 20 ans, la superficie de notre vignoble au contraire de beaucoup d’autres, n’a pas été réduite. »

De même, le passage en bio est rendu compliqué par les fameux « thiols ». Ces arômes d’agrumes et de fruits exotiques que délivrent notamment colombard, gros et petit manseng qui sont le signature gustative de ces blancs gascons. Et selon Jean-Pierre Drieux, le recours au cuivre, autorisé en bio, les fait disparaître. D’où la nécessité de maintenir les traitements classiques.

L’encépagement est en cohérence avec la géographie et le climat. L’océanique colombard -50% de l’encépagement- se complaît principalement en terre gasconne car il a besoin d’eau. Et dans le sud-ouest c’est là, en Gers, qu’elle manque le moins. Il y a bien sûr l’ugni blanc, destiné à être distillé pour la production d’armagnac, qui s’exprime de façon florale avec des notes de violette et d’acacia, il tempère la fougue et l’acidité du colombard. Le béarnais gros manseng, lui-aussi typique, amène ses arômes d’abricot et de coing. Et son cadet, le petit manseng, développe des notes de pêche et d’agrumes tout en conservant une acidité élevée. C’est lui que l’on utilise souvent pour produire de jolis moelleux.

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Dans leur démarche, les Côtes de Gascogne ont su fédérer les stratégies collectives des coopératives et des réussites individuelles comme l’incontournable « Tariquet », très présent sur les comptoirs du CHR. Ainsi, Yves Grassa, l’une des plus grandes success story du vin français, n’a pas hésité non plus à implanter du sauvignon et du chardonnay pour obtenir encore plus de fraîcheur et de finesse…
Côté rouges, les Côtes de Gascogne s’expriment sur des arômes poivrés apportés par des cépages très «sud-ouest» utilisés par les AOC environnantes, comme le tannat (madiran) ou le fer servadou (marcillac). Reste que le millésime 2013, ici comme ailleurs, n’a pas été simple pour les rouges.




Carte d’identité de l’appellation

Surface du vignoble : 13 000 ha
IGP : 1er août 2009
Producteurs : 1200 dont 200 indépendants

Rendement moyen 92 hl/ha en blanc et 76 hl/ha en rouge et rosé
85 % blancs, (dont 80 % secs et 20 % moelleux ou doux), 8 % rouges et 7 % rosés.

Cépages : Blancs à 85% (Colombard , ugni blanc, gros manseng, petit manseng, chardonnay et sauvignon)
Rouges : tannat, merlot, cabernet franc, cabernet sauvignon et fer servadou (mansois)

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