AOC Vins de Savoie

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Cantonner les vins de Savoie à des vins de raclette pour Bronzés à la neige n’est plus vraiment d’actualité. Depuis quelques années, beaucoup d’acteurs de ces vignobles d’altitude ont entrepris de tordre le cou à cette image.

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Le vignoble de Marestrel sur le mont Charvaz

Et pourtant à écouter les uns, la grande distribution ne ferait rien pour tirer les vins savoyards vers le haut. L’Apremont en tête de gondole à 2,50€ vous plombe lourdement l’image. «Mais si on souffre de notre image c’est aussi de notre faute» confesse Christophe Richel du domaine éponyme. Il n’a de cesse de tempêter contre ces « »vignerons » qui rachètent des vignobles, ne mettent les pieds dans leurs vignes que cinq fois par an et décrètent dans la presse locale que ceux qui font des bons vins en Savoie se comptent sur les doigts d’une main. » C’est donc une course de vitesse qui est engagée. Car un autre danger guette. Celui de l’extension des zones urbaines. Par exemple autour de Montmélain. Gilbert Perrier, Président du Comité interprofessionnel des vins de Savoie n’est pas le dernier à pointer l’extension des zones urbaines comme danger pour les vins de Savoie. Que pèsent les pauvres pieds d’altesse ou de mondeuse en contrepartie d’une vue sur les sommets !

Ils ont réduit rendements et traitements, certains sont passés parfois au bio, d’autres ont poursuivi le travail sur des vieux cépages surprenants. Nombreux sont ceux qui ne chaptalisent plus ouvrant ainsi la route à des blancs légers, digestes et tout en nuances. Bref, des vins qui répondent aux attentes de l’époque. Certains vins grâce à leur élégance peuvent se garder sans problème cinq ans. Les chignin-bergeron et d’autres crus ne déparent pas sur les cartes des macarons Michelins savoyards qui les défendent. Même s’il n’en va pas toujours ainsi avec le CHR local. Dans les restaurants « chics » et chers des stations, comme Courchevel, on snobe parfois les vins des vallées. On préfère servir des étiquettes bordelaises aux ploutocrates russes…* Quant à Paris, les Savoyards ont encore du mal à percer. A part quelques individualités que l’on retrouve sur les tables bistronomiques comme le vin d’Ayze du domaine Belluard, ils ne sont pas encore très présents. Et pourtant vu les rapports qualité/prix, ils pourraient séduire sur bien des comptoirs. En rouge, la mondeuse bien travaillée notamment donne des vins charpentés de fruits rouges épicés et de bouche gourmande qui valent bien les crus du beaujolais ou des côtes du rhône.

Chignin bergeron sous le massif des bauges au dessus de montmelian

Le vignoble de Chignin-Bergeron sous le massif des Bauges au-dessus de Montmelian

Alors c’est vrai, le jacquère a beau s’épanouir sur ces terroirs argilo-calcaires et les éboulis, et recouvrir la moitié du vignoble (1000 ha), rien n’est pourtant plus divers que le vin savoyard. Il y a quoi faire un joli quizz. La différence entre la roussette et la roussanne ? Car en plus de la dissémination géographique des vignobles sur quatre départements, les vins de Savoie se caractérisent par cette incroyable richesse ampélographique. 23 cépages rentrent dans l’appellation dont sept sont uniques au monde (altesse, gringet, jacquère, molette, mondeuse blanche, mondeuse noire). Sans oublier la roussette d’Ayze, le velteliner rosé ou le verdesse.

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