Pas encore très clair le vin de pays de Méditerranée

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Dans certains coins de France, les ex-vins de pays devenus IGP ont de quoi faire perdre leur latin aux amateurs de petits vins de pays joyeux. En PACA, par exemple, on est loin des objectifs de la réforme des IGP qui était de clarifier l’offre en réduisant le nombre de vins de pays. Question de clochemerle provençal sans doute … De 24 appellations, on devrait passer à 14 l’année prochaine. (voir ci-contre). Mais ne désespérons pas ! InterVins sud-est qui a en charge la filière des vins IGP de la région PACA et Rhône-Alpes (5 départements* : Rhône, Loire, Isère, Ardèche, Drôme) travaille sur un axe stratégique, celui de l’IGP Méditerranée.

Un vin de pays de Méditerranée. Cela aurait fait plaisir à Tino Rossi. Si l’on s’en tient à la définition du vin de pays, on peut imaginer un vin facile à boire et gouleyant, « un vin de plaisir » avec une couleur soutenue et une petite structure présente pour ne pas oublier l’ensoleillement.

Mais il n’est pas facile pour InterVins sud-est de construire une image quand les entreprises -par exemple les coopératives- changent d’appellation chaque année. Une année on s’appelle coteaux des Baronnies, l’année suivante on reprend l’appellation régionale, IGP Méditerranée. «Il faut arrêter cette politique de yoyo en termes de revendications» lance Marie de Monte d’InterVins sud-est. Hélas, il ne semble pas que les contraintes administratives soient suffisamment décourageantes pour modérer le mouvement. Tout cela ne révèle-t-il pas un manque de maturité d’une partie du monde viticole provençal qui se traduit par la variabilité des volumes ? A preuve, on est passé de 350 000 hl en vins de Méditerranée en 2008/2009 à 250 000 hl en 2009/2010. Pour la prochaine campagne, on table sur un volume potentiel de 400 000 hl dont 50% destinés à la France.

Mais le pire pour l’image de ces vins de Méditerranée n’est même pas dans ces controverses de revendications géographiques. Plutôt dans un laxisme de l’agrément de vins dont certaines sont moins que passables. Less dégustations de bouteilles prélevées dans les rayons des grandes surfaces ont montré que 27% de vins IGP du Sud-Est n’étaient pas conformes. Et les défauts sont directement liés aux arômes et au goût du vin : oxydation, vin rouge dilué, vin sans caractère, goût de bouchon, nez de soufre… Une bouteille sur quatre proche de la picrate, ça fait beaucoup ! Et surtout, ça plombe sérieusement l’image de qualité et de vins de plaisir. Si un mauvais stockage dans un Hyper peut arriver, l’essentiel du problème vient bien le plus souvent du producteur. En attendant les responsables d’InterVins sud-est attendent beaucoup du concours des vins IGP qui devrait se tenir à Florensac (Hérault) début mai qui pourraient voir des vins de Pays de Méditerranée récompensés…Façon de montrer l’exemple de la qualité.

Oc ou Méditerranée ? Vins de cépages ou vins d’assemblage ?

Pas facile d’être situé à côté des voisins languedociens avec leur vins d’Oc qui font un véritable carton. Non seulement en termes de production, (5 millions d’hl) mais en termes de valorisation grâce notamment aux vins de cépages. «Sur le Vin de Pays Méditerranée, nous allons plutôt travailler des vins d’assemblage pour nous distinguer explique Denis Roume, Président d’InterVins Sud-Est. »
En savoir plus sur les vins d’Oc.

 

La région sud-est compte 24 vins de pays. Seuls 14 vont déposer un cahier des charges et seront donc IGP après le 31 décembre 2011 :

– Méditerranée
– Bouches-du-Rhône
– Alpilles
– Var
– Mont Caume
– Maures
– Vaucluse
– Drôme
– Collines Rhodaniennes
– Coteaux des Baronnies
– Ardèche
– Alpes-de-Haute-Provence
– Hautes Alpes
– Alpes-Maritimes

Les 8 départements de la région sud-est ont chacun leur IGP. A l’intérieur d’un département peuvent coexister des IGP de petite zone. En parallèle des IGP de départements et de petite zone, existe l’IGP Méditerranée. Sa zone couvre l’intégralité du territoire du Sud-est.

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