Salon des vins de Loire 2012 entre turpitudes et vins nature (février 2012)
Avec une baisse de la fréquentation de 20% pour leur salon, les vins de Loire n'ont pas été à la fête. La neige ne fut pas l'unique responsable. De petites turpitudes locales n'ont pas manqué de « plomber » l'événement. Le salon Off, celui des vins naturels organisé depuis quelques années sous la halle des Greniers Saint-Jean, s'était tenu une semaine auparavant. Ou disons qu'en 2012, le Salon officiel a été retardé d'une semaine… Du coup, les amateurs étrangers souhaitant concilier Loire et nature ont été moins incités à rallier Angers. «Cette dissociation des dates a été une erreur stratégique» explique Jean-Jacques Bonnet, vigneron en muscadet bio. «Tout le monde est un peu responsable » tempère Jean-Martin Dutour le président d'Interloire. «De toute façon, on est devenu un salon régional, il faudra bien passer à autre chose» nous a confié pour sa part le président des vignerons de Chinon, Jean-Max Manceau. Et comme beaucoup d'autres vignerons présents au salon, ce dernier n'a pas été le seul à s'emporter contre les négociants accusés de faire plonger les vignerons en les sous-payant au moment où ceux-ci sont condamnés à déstocker. Ambiance.
Il semble bien que les vignerons ligériens qui soient parvenus au fil des ans à se créer une clientèle s'en sortent mieux que ceux qui dépendent du négoce pour leur survie. Ainsi, les appellations comme sancerre, menetou-salon, reuilly, ou quincy notamment du fait de leur proximité géographique avec la capitale semblent plus épargnées que d'autres. En revanche, l'Anjou générique ou l'appellation Touraine continuent d'être à la peine. Ne parlons pas du Muscadet dont le vignoble ressemble à une peau de chagrin avec une réduction de la superficie de 30% en moins de 3 ans. Entre arrachages et non reprises, comme en Languedoc, le risque à terme c'est de voir disparaître le long des rives du grand fleuve français des pans entiers de vignoble.
Une chose est sûre, cette rupture entre les deux salons - l'off et l'officiel - illustre paradoxalement un des traits distinctifs des vins ligériens. Malgré un marketing façonné par le négoce, beaucoup d'amateurs associent désormais les Vins de Loire à des vins d'indépendants orientés vin nature. Pourquoi ? «Parce qu'en Loire comme en Languedoc, la terre n'est pas chère ; celui qui s'installe sur 5 ha en vin nature peut gagner sa vie. Et ce n'est pas une idée de baba-cool» affirme Thierry Puzelat, vigneron et négociant en vins nature. Ce dernier regrette néanmoins que le manque de professionnalisme en aval en matière de stockage et de transport des vins sans soufre handicape le développement de la filière.
Quoiqu'il en soit, même du côté des vins conventionnels, ce Salon des Vins de Loire 2012 a permis de découvrir de vraies surprises pour toutes les bourses. Avec parfois de très bons rapport qualité-prix. C'est vrai du côté des goûts ligériens «classiques» avec des profils digestes et gouleyants. Mais un peu partout de Touraine, de Saumur en passant par les fiefs vendéens, il n'est pas rare de tomber sur des vins aussi complexes qu'élégants. Ils surprennent et remettent en cause bien des idées reçues sur les profils identitaires classiques au grand dam des tenants de la tradition. Mais après tout, la Loire est un fleuve sauvage et imprévisible habitué à sortir de son lit ... Pourquoi n'en n'irait-il pas de même pour son vin ?
Médaille de bronze pour les vins de Loire dans les bars à vins...
Dans le cadre d'une enquête d'Ipsos réalisée auprès d'un échantillon de patrons de bars à vins, ces derniers placent les vins de Loire en troisième position derrière ceux de la vallée du Rhône et de la Bourgogne. D'où la tentation de lier l'adaptation des vins de Loire au développement des bars à vins auquel on assiste sur le territoire. Sauf qu'entre la grosse cavalerie standardisée du CHR - où les vins de Loire sont premiers- servie par le négoce et les petits vins d'auteurs -souvent des vins naturels- qu'on retrouve dans les bars à vins, il y a parfois un fossé...
2011, bon cru pour les nouvelles appellations ligériennes
-Cinq vignobles ex-AVDQS reconnus en AOC en 2011 :
Fiefs Vendéens, Gros plant du Pays Nantais Coteaux d'Ancenis, Haut-Poitou, Côtes d'Auvergne
- Un premier grand cru de la Loire avec l'AOC Quarts de Chaume situé sur la rive droite du Layon devenu Quart de Chaume grand cru
Et un Premier cru avec Coteau du Layon Premier Cru Chaume
Du côté du Muscadet Sèvre-et-Maine, reconnaissance de trois crus communaux, Gorges, Clisson et le Pallet (en savoir plus)
Savennières, a vu de nouvelles mentions : Roches aux Moines et Coulée de Serrant
- Touraine deux nouvelles mentions, Chenonceaux et Oisly