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BISTROS ET BARS A VIN
>> Paris et ses vignes
A quand le Vin de pays francilien ? Pas avant dix ans au bas mot...(sept 09)
Patrice Bersac, le président des Vignerons Franciliens Réunis (VFR) s’avère bien décidé à sortir du cadre folklorique l’association VFR et à la professionnaliser. Tout en profitant des nouvelles opportunités ouvertes par la réforme européenne des vins. Notamment avec la montée en puissance des vins d’indication géographique.
Dans l’esprit des membres de l’Association, il ne s’agit plus seulement d’organiser quelques vendanges de pieds de vignes communaux mais bien d'initier une démarche de demande de droits de plantation en Ile-de-France.
Pour ce faire, l’association compte notamment dans ses rangs cinq agriculteurs franciliens motivés par une reconversion de leurs terres dans la viticulture. Au total la surface pourrait atteindre selon Patrice Bersac (ci-contre) 300 ha. Sur le terrain, par exemple autour de Provins, on est beaucoup plus attentiste....
Evidemment, entre la crise du lait et le marasme de la viticulture languedocienne, les enjeux de l’avenir d’une viticulture francilienne peuvent sembler anecdotiques. Raison de plus pour Patrice Bersac de ne pas cesser de mettre la pression sur les politiques. A commencer par les élus régionaux et les présidents des conseils généraux. Si tous se déclarent prêts à soutenir la vigne en Ile-de-France, peu nombreux sont ceux qui prennent la plume pour écrire au ministre de l’Agriculture afin de soutenir la demande des droits de plantations en Ile-de-France. Lors du Salon de l’agriculture de février 2009, Patrice Bersac a exposé à Michel Barnier ses projets viticoles franciliens. L’écoute bienveillante du ministre ne s’est pas transformée dans les faits du côté de l’administration...
Pourtant, sur le plan touristique, un vignoble francilien serait un formidable atout pour Paris et sa région alors qu’aujourd’hui, domine la banalité d’un paysage céréalier...
Ci-dessus, la vendange 2007 des vignes des Marcottes à Chalmaison dans le 77, par l'association loi 1901 "Chalmaison Patrimoine et traditions " qui compte une soixantaine de membres.
En 2018, on pourra planter autant de vignes que l'on voudra où on le souhaitera. Alors pourquoi pas en Ile-de-France...
Mais sans soutien de l’administration française, il y a de quoi s’arracher les cheveux. Car rappelons-le, la plantation de vigne à des fins de consommation personnelle ne bénéficie pas d’un régime particulier d’autorisation en France. Quelle que soit la vocation de la vigne, il faut disposer d’un droit de plantation, ce qui met les 170 petits vignobles franciliens en situation délicate. «Il ne s’agit pas de vignes illégales mais de vignes franches» tempère Patrice Bersac. La solution pourrait bien venir de l'Europe avec l'Orgnisation Commune du Marché (OCM) qui prévoit l'abolition des droits de plantation en 2018. On pourra planter autant de vignes que l'on voudra où on le souhaitera. Alors pourquoi pas en Ile-de-France...Le libéralisme européen modifiera-t-il les paysages franciliens ?
LB
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Des vignes pour remplacer la monotonie des céréales franciliennes ?
«La vallée de Seine en amont de Paris est une région qui appelle la vigne, particulièrement le chardonnay et le pinot » explique Patrice Boudignat, agriculteur à Melz-sur-Seine (77) qui a ses terres à 9 km de Provins sur une butte calcaire «J'y ai vu mes grands-parents vendanger. »
Cet agriculteur francilien (céréales et moutarde) est prêt à jouer le jeu de la vigne. «Aujourd'hui, on est au début d'une nouvelle ère, où la vigne pourrait revenir. En Seine et Marne, ce serait bien qu'on se regroupe à 3 ou 4 viticulteurs. On pourrait commencer par 5 ha, de quoi investir dans un outil de vinification. Mais tout le monde attend que l'autre bouge. Evidemment le jour où l’on sera capable de faire un vin correct en Ile-de-France, tout le monde s'y mettra et l’on aura aucun mal à écouler 100 000 bouteilles d'un vin de la région parisienne. »
Pour lui l'enjeu de la vigne est également et surtout paysager. La vigne devrait prendre le relais des céréales qui sont à terme condamnées. «Continuer à faire des céréales à 40 Km de Paris, en cherchant à concurrencer le Mato Grasso brésilien ou l'Ukraine, c'est stupide.» explique ce franc-tireur qui risque de ne pas se faire d'amis du côté des prospères céréaliers franciliens...
Ci-contre les vignes du Mont-Valérien
Le
Mont Valérien, le calvaire.
Eau forte. XVIIème siècle
(Collection du Musée de
Suresnes-René Sordes) |