Les bulles des crémants poursuivent leur ascension

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Les crémants poursuivent sur leur lancée. Leur fédération qui réunit les sept régions productrices devrait ouvrir ses portes aux Savoyards dont le crémant a été reconnu par l’INAO.

Au niveau national, la consommation de crémant est marquée par un certain chauvinisme. Le consommateur choisit d’abord souvent celui de sa région. Crémants de Bourgogne pour le Dijonnais, crémants de Loire pour l’Angevin ou le Saumurois…etc. Cette « consommation chauvine » explique que le crémant ne perce pas encore dans le CHR parisien tant la proximité du vignoble champenois rend difficile sa pénétration.

Mais la réputation des crémants s’étend car il s’agit de vins effervescents qualitatifs (vendanges manuelles, vieillissement d’au moins 12 mois) souvent élégants et agréables en bouche à un très bon rapport qualité/prix. Cela en fait une alternative au champagne. D’ailleurs comme ce dernier, le crémant est principalement consommé durant les 4 derniers mois de l’année.
Et pour bien des vignobles, le crémant apporte un bonus non négligeable quand le marché des vins tranquilles bat de l’aile. L’effervescence comme la couleur rose a le vent en poupe au plan national. Ainsi avec 72 millions de bouteilles vendues en 2013, la progression des crémants dépasse les 5%.

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A l’international, c’est encore plus encourageant. Et certaines régions l’ont bien compris comme la Loire qui exporte 50% de sa production. On comprend l’angoisse secrète des vignerons alsaciens -où le crémant représente une bouteille sur 4 avec 34 millions de cols- de voir les Allemands -plus gros consommateurs de vins effervescents du monde- se mettre à produire à leur tour des crémants.

D’autant que l’appellation crémant, protégée par un règlement européen, n’est pas réservée aux seuls producteurs français (lire ci-dessous). Mais la consonance française du mot devrait d’abord servir les acteurs de l’Hexagone dans la guerre commerciale qui les oppose déjà aux Cavas espagnols et autres Proseccos italiens. Des effervescents regardés par les Français comme moins qualitatifs. «Quand nous payons notre kilo de raisin destiné au crémant 1,40€, celui destiné au cava ne coûte que 0,35€ » explique Jacques Cattin président de la fédération des crémants.

En attendant, c’est sur le territoire national que la fédération porte le fer car la bonne santé des bulles a donné des idées à d’autres producteurs. Ainsi a-t-elle assigné 34 IGP qui souhaitaient se lancer dans la production de vins effervescents. Son argumentation juridique fondée sur l’absence d’historique d’élaboration – nécessaire pour une IGP- a été retenue par le Conseil d’Etat contre l’IGP de la Haute Marne. Mais la Guerre des bulles ne fait que commencer.

Créée en 1982, la Fédération nationale des producteurs et élaborateurs de Crémant réunit sept syndicats d’appellations, répartis sur toute la France : Alsace, Bordeaux, Bourgogne, Die, Jura, Limoux et Loire. La Savoie devrait l’intégrer d’ici à la fin 2014.

 

Le « Crémant » protégé par l’Europe
Le mot « Crémant » ne peut désigné que des vins mousseux de qualité, blancs ou rosés bénéficiant d’une appellation d’origine protégée (AOP). Outre le fait d’être élaborés selon la méthode traditionnelle, ils doivent respecter les méthodes de production suivantes :

-vendanges manuelles
– vins issus de moûts obtenus par pressurage de raisins entiers ou éraflés. La quantité de moûts obtenue n’excède pas 100 litres pour 150 kilos de raisins ;
– teneur maximale en anhydride sulfureux ne dépassant pas 150 mg/l ;
– teneur en sucre inférieure à 50 g/l.

* Règlement (CE) n° 607/2009 de la Commission européenne du 14 juillet 2009.

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