Chinon, réveille-toi Gargantua !

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Même s’il affiche quelques bons blancs et gentils rosés, le chinon est d’abord rouge neuf fois sur dix. Ses différentes teintes, de la claire cerise au pourpre profond,  donnent déjà une indication de l’amplitude de la palette gustative qu’offre le cabernet franc sur ces bords de Vienne. Voilà pourquoi, il faut toujours faire attention quand on parle de chinon.

chinon-verre-saint-louansCar on ne parle pas tous du même Chinon. Il faut commencer par oublier les chinons râpeux au fort goût de poivron qui révèlent un cabernet-franc pas toujours vendangé à maturité…et un recours à des vieux bois mal intégrés qui évoquent plus un goût de planche qu’autre chose…. «Le bois ne doit pas être un élément utilisé pour valoriser et augmenter les tarifs, il vaut mieux recourir à la cuve et rechercher la fraîcheur» explique un distributeur sur Paris.

Heureusement, il en existe d’autres que l’on peut classer en deux catégories. Les premiers sont des chinons joyeux et fruités. Les seconds sont des chinons plus tramés et complexes avec selon les millésimes des potentiels de garde dignes des grands bordeaux. D’où des écarts de prix assez importants selon les bouteilles – de 5 à 20€- .

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Les premiers qui ne sont pas les moins tentants sont souvent issus des terrasses graveleuses des coteaux de la Vienne. Les seconds, souvent plantés sur les coteaux argilo-calcaires, les tufs, doivent prendre le temps de vieillir. Il vaut mieux les oublier quelques années en cave pour les laisser s’exprimer au mieux. Ce sont ces derniers qui semblent reconquérir peu à peu les comptoirs.

Comme d’autres crus ligériens, le Chinon peine à reconquérir les comptoirs de Paname où il fut bien plus présent dans les années 1990. Même si le travail des vignerons dans l’ensemble tend à s’améliorer avec un retour de belles bouteilles sur les cartes- dans notre époque d’inculture, Gargantua -supplanté par Spiderman et consorts- peine à faire couler le Chinon dans les gosiers des jeunes générations…

Carte d’identité de l’appellation

carto_chinonDate du décret de l’appellation : 6 décembre 1938
rendement : 55hll/ha pour les rouges et rosés, 65 Hl/ha pour les blancs
Superficie en production  : 2300 ha autour de la commune de Chinon
200 vignerons
Cépages  : pour les rouges, cabernet franc, cabernet sauvignon (pas plus de 10%)
Pour les blancs : chenin

 

 

Sélection hommes et bonnes bouteilles :

– Les chinons du tandem Baudry-Dutour
– Le chinon rosé de Jean-Max Manceau
– Le chinon du domaine du Colombier
– Le Château de la Grille
– Le Petit Chemin
– Les Boires d’Ackerman

Lire aussi : les chinons préférés des restaurateurs

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