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Diversité, fraîcheur et Jeunesse
C’est la 3ème région viticole de France. Sur le long ruban ligérien s’alignent 68 appellations composant la mosaïque des Vins de Loire. Une gamme de couleurs qui évolue du blanc le plus diaphane au rouge le plus encré, une gamme de caractères aussi divers que les différents états du fleuve entre calme extrême et tempérament sauvage à l’image de ces vins tranquilles qui succèdent à ces fines bulles. La diversité est leur trait distinctif dominant.
D’une façon générale, les vins de Loire s’opposent souvent aux vins du sud, côtes du rhône et autres crus languedociens, par un degré d’alcool beaucoup moins élevé. Ils ont aussi leurs cépages identitaires, melon, chenin, cot...
Ils sont les vins de la jeunesse, des batifolages de rois de France dans leur “jardin”. Leur fraîcheur fait qu’ils sont de longue date appréciés aux zincs des bistros. D’ailleurs l’interprofession ne manque pas de souligner que les vins de Loire sont les premiers commandés par les CHR. De mauvaises langues prétendront que c’est aussi parce qu’ils ne sont pas chers. Cela dépend... Mais il est vrai que lorsque le litre de bourgueil peut se négocier à moins d’1,30€, il y a de la marge pour le négociant comme pour le cafetier...
C’est aussi peut-être ce qui les fragilise. Car plus qu’ailleurs les vins de Loire sont dominés par le négoce. Quinze entreprises réalisent plus de 70% du chiffre d'affaires total. Il y a comme partout le meilleur comme le plus fade. Ce qui manque peut-être dans ce vignoble ce sont des négociants qui tirent le vignoble par le haut, un peu à l’image de ce qui s’est produit dans les côtes du rhône. Dans la mosaïque d’appellations ligériennes, il est difficile de désigner un haut de gamme qui puisse servir de locomotive.
Saumur-Champigny, Muscadet, Bourgueil, Vouvray... les tendances et les évolutions des goûts du consommateur font passer les uns et les autres sur le devant de la scène sans qu’ils y restent très longtemps.
Dominés par le négoce, on leur reproche également d’être dans le droit fil de la mondialisation : facile à boire, boisé et fruité. (voir l'article sur le Salon des Vins de Loire) Car ici, plus qu’ailleurs le négoce aurait les yeux de Chimène pour la grande distribution qui comme chacun sait fait rarement dans la finesse... Du sucre et du fruit à satiété voilà ce qu’attendent les hommes des linéaires pour les palais de leurs clients. Ils n’hésitent pas parfois à intervenir au stade de la vinification.

On sait depuis Rabelais que le Val de Loire a toujours donné des individualités qui n’en font qu’à leur tête. En matière de vins, ils savent aller au-devant des consommateurs afin de présenter des produits exceptionnels. Aussi n’est-ce pas une surprise que ce soit le vignoble qui assure le plus de ventes directes. Comme le dit Jacques Mélac, patron du bistro éponyme dans le 11e : «Si le Val de Loire n’est pas une région pour connaisseurs comme la Bourgogne, c’est une terre pour curieux aimant la vie en quête de surprises.»

LB
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