Juliénas, carburant de Bérurier du « Canard ».

0

juliena_audrasJuliénas devrait son nom à Jules César. Est-ce de cette origine qu’il tire aussi sa robe rouge d’un pourpre impérial ? Ou n’est-ce pas plutôt l’épanouissement du gamay sur ses terrains granitiques ? Une chose est sûre. Vif et frais au printemps, développant des arômes floraux de pivoine, de violette ponctués parfois d’une pointe de cannelle, il peut gagner avec les mois une jolie charpente et un caractère corsé qui lui permet d’envisager une gentille garde. N’hésitez pas à le lâcher derrière une volaille ! Ces dernières années, comme témoigne Vincent Audras, viticulteur à Juliénas, les rendements ont eu tendance à sérieusement baisser. Particulièrement en 2014, où l’on a rarement dépassé les 35 hl/ha. Mais le déficit quantitatif a été largement compensé par une qualité incroyable.


Juliénas a pour lui d’être le plus Parisien des crus. Il est le médicament quotidien de l’inspecteur Bérurier qui n’hésite pas à le partager avec son boss, le commissaire San Antonio.


Et depuis des décennies, le juliénas sert également de carburant aux journalistes du Canard Enchaîné dans leur quête sans relâche à exhumer tous les scandales de la République. Difficile de rester insensible devant de telles références. Evidemment, on le trouve aussi dans quelques centaines de bons bistrots. Il faut dire que Juliénas dispose dans la capitale de prêtres bachiques qui savent prêcher la bonne parole particulièrement autour de Saint-Germain des Prés grâce à une confrérie secrète, celle de Saint-Juliénas des Prés

Yves Camdeborde intronisé à la Saint-Juliénas des Prés de 2007.

Yves Camdeborde intronisé à la Saint-Juliénas des Prés de 2007.

Bref, les vignerons de Juliénas ne sont donc pas les plus tristes des crus beaujolais ainsi qu’en témoignent les chapitres de leur confrérie parisienne de Saint-Juliénas-des-Prés qui intronise chaque année douze nouveaux moines devant autant de pieds de gamay parisien plantés devant l’église de Saint-Germain des Prés.

Sélection :

Le Clos de Haute Combes que l’on peut déguster au Bon Coin (Paris 18) et à Bourgogne Sud. Son auteur, Vincent Audras, confesse avoir expérimenté une autre taille de la vigne que la classique gobelet. Sur un hectare de son vignoble, il pratique la taille en lyre, dont il tire un vin de table baptisé la Cuvée Variation. http://www.closdehautecombe.fr/

Juliénas Tradition de Daniel Voluet

Juliénas Tradition de Daniel Voluet

Juliénas Tradition de Daniel Voluet

Chaque millésime, la famille Voluet réalise de très jolies cuvées. Au point d’avoir des fidèles depuis plusieurs années. Ainsi en va-t-il de leur cuvée Tradition. Subtil, léger et en même temps plein de complexité, ce vin exhale des arômes de petits fruits des bois. En bouche, pivoine et quelques pointes épicées viennent titiller avec bonheur les papilles, le tout sur une belle longueur. La cuvée tradition mérite à elle seule de faire le détour par Juliénas.
www.domaine-danielvoluet.com/

 

 

 
Domaine des Mouilles
Laurent Perrachon explique travailler son juliénas à l’ancienne avec une macération longue. La cuvée 2011 est d’une élégance épicée rare. A peine mis en bouteille, le millésime 2013 révèle un vin soyeux, délicat et plein de promesses pour l’avenir.

www.vinsperrachon.com

 

Carte des crus du Beaujolais

Carte des crus du Beaujolais

Carte d’identité de l’appellation

Décret d’appellation : mai 1938
Surface du vignoble : environ 550 ha
Production : 30 000 hl
Cépage : gamay
Une cinquantaine de vignerons
Rendement moyen 35 à 40 hl/ha
Sols calcaires au nord, granitiques et argilo-silicieux au sud.

Partager sur :

Les commentaires sont fermés.