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Lire : le dossier beaujolais nouveau 2009
Expressions d'origine, quand les crus tentent de conjurer la disgrâce du nouveau
Lire l'interview de Georges Dubœuf, premier négociant du beaujolais
 
 

Découvrez le beaujolais du Pays des Pierres Dorées, signé Pascal Chatelus
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Carte d'identité de l'appellation (chiffres 2010)

Surface du vignoble : 18 200 ha (gamay à 97% et chardonnay)

Le beaujolais, ce sont les appellations Beaujolais, beaujolais-supérieur, beaujolais-villages et ses dix crus :
- Brouilly
- Chénas
- Chiroubles,
- Côte-de-Brouilly
- Fleurie
- Juliénas
- Morgon
- Moulin à Vent
- Régnié
- Saint Amour

Nombre d'exploitations : 3500
Surface moyenne
: 7,8 hectares

Communes de l’AOC :
96 communes, 85 dans le Rhône, 11 en Saône-et Loire.

Production : 822 300 hl dont 260 000 hl en primeur ( 35 millions de bouteilles)
(Production 2008 : 1 million d'hl dont dont 300 000 hl en nouveau)

Rendement : 52 hl/ha

Vendanges manuelles.

Cépages
Gamay quasi-exclusif pour les rouges, chardonnay pour les blancs

 

 

Ici le gamay règne en maître sur une bande longue 80 de km entre sud mâconnais et nord lyonnais. Un paysage sensuel ponctué de mamelons et vallons offrant toutes les expositions. Un climat tempéré, s'épargnant le gel de l'est et les brûlures du climat méridional. Une variété géologique avec au nord, une prédominance des sols granitiques, schisteux et argileux tandis qu'au sud, les alluvions ont donné des formations beaucoup plus variées alternant calcaires, marnes, grès et schistes...

Des siècles durant, le vin des seigneurs de Beaujeu a profité de la proximité de la cité des Gaules pour prospérer. A partir des années cinquante, il a succombé aux charmes de la capitale, à moins que ce ne soit l'inverse ? Le fait est qu'il a pu s'appuyer sur un réseau de liens tissés sous l'Occupation comprenant nombre de journalistes parisiens qui s'étaient exilés à Lyon pour ne pas collaborer. Ainsi c'est à Paris qu'il a connu son heure de gloire avec "Beaujolais Nouveau". Un des plus grands "coups de com viticole" qu'on n'ait jamais vus. Avec à la clé des centaines de milliers d'hl consommés dans les comptoirs de Paname puis dans ceux des grandes métropoles du monde.

Las ! comme en Bordelais, le succès a conduit aux excès. Certains se mirent à faire pisser le gamay n'importe comment, d'autres à chaptaliser à tout va, égratignant année après année la belle réputation du vin des bistros de copains.
Du coup, le beaujolais est devenu un vin clivant. Il déclenche des jugements aussi définitifs que péremptoires. On aime ou on déteste sans toujours bien connaître ce dont on parle. La disgrâce médiatique a pu parfois s'appuyer sur des réactions venues des crus du haut-beaujolais dont certains vont parfois justqu'à renier l'appellation Beaujolais. L'enfant du pays, Bernard Pivot, a beau avoir institué un Comité de Défense du Beaujolais pour lutter contre cette mauvaise imag, les médias ne sont pas seuls en cause. Car s'il est un vignoble marqué par la scission entre les crus du nord (chiroubles, moulin-à-vent et consorts) et les génériques du sud, c'est bien le beaujolais. Il n'empêche, tous sont astreints aux mêmes règles, taille gobelet qui impose les vendanges manuelles (et donc des coûts élevés) et macération carbonique des grappes pas toujours facile à conduire...

Alors c'est vrai que les turpitudes d'hier se payent aujourd'hui en demandes d'arrachage. Et même lorsque le vin est superbe, les prix continuent de chuter et la profession s'avère incapable de s'entendre et de résister aux vautours qui jouent la baisse. Car c'est bien le drame. Avec le primeur 2009, les prix étaient encore à la baisse avec des cours frôlant les 120€/hl. Selon Inter Beaujolais, ils sont remontés à 160 € en 2011. Il n'empêche, entre l'âge des viticulteurs et la pression immobilière du grand Lyon, le vignoble est une peau chagrin. Entre 2009 et 2011, le beaujolais a perdu 3000 ha.

Heureusement, du nord au sud, il reste encore de belles individualités qui donnent au gamay ses lettres de noblesse suscitant parfois des convoitises. Illustration récente avec la guéguerre bourgogne-beaujolais. Périodiquement, les vignerons Bourguignons sont pris d'accès de fièvre contre leurs voisins méridionaux. La confrontation entre noble pinot et vil gamay n'est pas nouvelle. Elle remonte à des siècles. Et pour cause les crus du beaujolais, -à l'exception du jeune régnié- peuvent revendiquer l'appellation bourgogne. Est-ce un hasard, si ces dernières années, des négociants bourguignons ont racheté des vignobles beaujolais ? Certes, c'est aussi pour planter du chardonnay afin de répondre à la demande de blanc pour le crémant. Mais le gamay du beaujolais n'a sans doute pas dit son dernier mot. Car bien travaillé, il est porteur des meilleures surprises.