Vin de Cahors, Black Wine » is back.

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Cahors, « Black Wine » is back.

Robe grenat voire noire, arômes de fruits… noirs, d’épices, de violette, de sous-bois, de truffes si on a su oublier la bouteille en cave, le Cahors ne passe jamais inaperçu. Y compris sur vos dents… Une dégustation de cahors vous fait ressembler, quand vous souriez, à un vampire émergeant d’une bacchanale sanguine … la faute au malbec, son cépage identitaire.

Les rives du Lot où s'étagent les terrasses de Cahors

Les rives du Lot où s’étagent les terrasses de Cahors

L’âpreté voire l’astringence d’hier qu’on lui a longtemps reprochée commence enfin à disparaître. Les efforts des jeunes viticulteurs qui tâchent de conjuguer fraîcheur et rondeur, puissance et gourmandise payent. Ils passent un temps fou dans leurs vignes à tailler, épamprer, vendanger en vert. Et les conversions en bio ne sont pas rares. Pas facile car le vignoble n’est pas épargné par l’humidité des rives du Lot dont il épouse les méandres au long d’une soixantaine de kilomètres.

Car question fatalité, les coups du sort n’ont pas épargné le «Black Wine» comme l’ont longtemps appelé les Anglais qui en buvaient déjà du temps d’Alienor. En 1870, le phylloxera fut ici plus qu’ailleurs dévastateur pour ce vignoble du Quercy à la réputation internationale. Moins d’un siècle plus tard, le gel de 1956 ne laissa debout qu’un pied sur cent… Il fallut replanter et on ne résista pas à l’envie de faire pisser à tout va les pieds de malbec. Du coup, l’image du cahors souffrit longtemps d’un positionnement bas de gamme symbolisé par la marque Carte Noire au goût aussi dur qu’astringent…

Château la Grézette, Cahors

Château la Grézette, Cahors

Cette réputation qui colla au cul des bouteilles de Cahors appartient au passé. Voilà 25 ans, certains ont cru à la renaissance du cahors. A commencer par l’ex-patron de Cartier,  Alain-Dominique Perrin, avec son Château Lagrézette (ci-dessous). Mais d’une façon générale, les vignerons indépendants majoritaires dans l’appellation ont vite pris conscience de la nécessité de jouer la qualité. Depuis 2006, l’Union Interprofessionnelle des Vins de Cahors, a joué la carte de son cépage identitaire, le malbec, pour se faire connaître à l’étranger notamment dans les Amériques vis-à-vis des Argentins qui vouent un culte à ce cépage. La stratégie a payé à l’export. Un hecto vendu au vrac passé de 64 € à 97 €, un volume et un chiffre d’affaires à l’export en hausse de 20% environ avec trois marchés stratégiques : USA, Canada, Chine.

Pour autant, cette double identité -malbec* ou cahors- qui s’affiche sur certaines bouteilles ne saurait perdurer, car elle joue à plein de la contradiction entre terroir et cépage. Et en ces temps où les vins du nouveau Monde montrent leurs limites, beaucoup se disent sur place qu’il est temps de revenir à la terre d’origine et notamment à ces fameuses terrasses argilo-calcaires des rives du Lot qui donnent au malbec toute son expression. «Notre avenir c’est Cahors, pas le malbec.» assure par exemple Jean Roche du Château Crozes de Py. Les élus cadurciens, à commencer par le premier édile, ont bien senti le potentiel touristique du Cahors pour la ville éponyme. La ville fait corps avec son vignoble. Au grand dam de l’interprofession du Sud-Ouest qui digère mal que Cahors fasse cavalier seul.

*à partir de 85% de malbec dans le vin, la règlementation européenne autorise l’inscription du cépage sur l’étiquette

Décret AOC : 15 avril 1971
Surface plantée : 3800 ha
Rendement autorisé : 50 hl/ha
Cépages autorisés : malbec (au moins 70%), tannat et merlot
Une seule couleur : rouge

430 exploitations dont 270 caves particulières

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