Listrac-Médoc : le faîte du Médoc et le refuge des crus bourgeois

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Grâce à ses 43 mètres d’altitude, Listrac, une des six appellations communales du Médoc, est souvent surnommé le « toit du Médoc ». Du coup, ses pentes naturelles favorisent pour un bon drainage. A l’ouest de magnifiques croupes de graves pyrénéennes permettent aux pieds de cabernet-sauvignon de s’épanouir ; à l’est une croupe de graves garonnaises s’avère idéales pour le cabernet-franc et le plateau sur socle calcaire idéal pour le merlot. On trouve toujours quelques arpents au petit verdot pour la touche épicée.

Jeunes, les vins de Listrac ont du volume et une belle charpente. Avec le temps et l’évolution qualitative des vinifications ces vins ont gagné en ampleur et en élégance. Le cabernet sauvignon donne toute son impétuosité au Listrac, tandis le merlot lui donne la chair, le fruit et la rondeur. Si le cabernet franc donne une note florale, le petit verdot apporte une touche épicée. Lors des dégustations on a parfois tendance à le confondre avec son voisin de Moulis ; d’où une parenté dans les vins qui réunit souvent les deux appellations dans l’esprit des amateurs.

L’ennemi ici comme ailleurs c’est le botrytisme qui n’attend qu’une bonne humidité océanique pour agir. Du coup, les traitements sont inévitables…et le passage en bio presque impossible à imaginer pour les châteaux.
«Passer en bio à Médoc ne sert à rien. Ça ne permet pas de valoriser son produit. Le climat atlantique est très favorable au développement du botrytrisme. » explique Patrice Pagès du Château Fourcas-Dupré.
«Quand on parle des anciens millésimes d’avant les trente glorieuses et la chimie viticole, avant 1945, il y avait des années zéro et les gens s’organisaient autrement. Aujourd’hui, une année sans récolte, c’est la fin de l’entreprise.» 

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Le raisin, le raisin, le raisin

A Listrac, Patrice Pagès sort des magnifiques crus de son Château Fourcas-Dupré. Il bat en brèche l’idée que les grands bordeaux s’élaborent principalement dans les chais. «80% d’un vin, c’est le raisin. On ne cherche plus à tirer tel ou tel caractère d’un vin à l’excès dans les chais. Il faut être très présent dans nos vignes afin d’amener une vendange le plus loin possible, cela implique d’anticiper en permanence. On regarde l’équilibre sur le pied. S’il faut effeuiller, on effeuille. En fait, je travaille plutôt le vin de presse, qui concentre le meilleur ou le pire d’une récolte. Chaque pressage est mis en barrique. Sur 120 lots de presse, on en garde une dizaine, ça donne des résultats extraordinaires

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Une bonne sélection de Listrac-Médoc

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