AOC Madiran

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Origine romaine, moines bénédictins du XIème siècle puis vin des pèlerins en route vers Saint-Jacques, le madiran ne manque pas de belles histoires pour asseoir ses origines. Son cépage dominant, le tannat, donne déjà une indication de sa personnalité. On est dans le robuste.

Ce cépage lui a longtemps donné une réputation de rudesse. Mais contrairement à d’autres régions, il n’a pas été imposé d’en haut par un monarque ou un grand seigneur. Le choix du tannat est le résultat d’une lente évolution basée sur la nécessité de trouver un grain adapté à ce terroir qui connaît à la fois,  les influences océaniques, les petits matins frais du piémont pyrénéen et le climat continental gascon. Le cépage s’adapte à des sols argilo-calcaires, siliceux ou encore de galets roulés sur les croupes dominantes bien exposées. Son grain dur et noir murissant tardivement satisfaisait à la fois les rudes bergers du pays autant que les bourgeois des villes en quête de vins de garde.

madiran-peyrosAinsi, le Madiran réputé pour son âpreté et son image de vin de paysan, a vécu ainsi tant bien que mal jusqu’aux années 60 dans les limites de son terroir. Jusqu’à ce que certains viticulteurs, prenant conscience de son potentiel, le fassent évoluer vers plus de souplesse. Vendanges vertes, matière bien mûre et élevage en fûts ont achevé de donner plus de rondeur à ce vin qui séduit toujours davantage les comptoirs de la capitale.

Certains viticulteurs tels qu’Alain Brumont et son Château Montus, ont ainsi contribué à sortir le madiran de son anonymat médiéval pour le faire reconnaître à l’international comme un cru exceptionnel. Ils ont été suivis par quelques grands acteurs de l’appellation tels que les Producteurs Plaimont ou les Caves de Crouseilles qui ont choisi de segmenter leurs production du plus souple au plus corsé. Alors madiran des villes ou madiran des champs ? A chacun de trouver le sien. Mais une chose est sûre, en termes de rapport qualité-prix d’un vin capable de se bonifier en cave durant quelques décennies, le madiran se pose là. Le vin anti-court terme.

 

 

Carte d’identité de l’appellation

carto_madiranPSurface du vignoble : environ 1400 ha sur 3 départements (Gers, Pyrénées Atlantiques, Hautes Pyrénées).
Production moyenne: 55 500 hl
200 viticulteurs
Rendement de base : 45 hl/ha
Décret AOC : 10 juillet 1948
Cépages : Tannat (50 % au minimum du volume), cabernet franc et cabernet sauvignon

Acteurs et cuvées :

Château Peyros
Lionel Osmin et sa cuvées « Madiran mon Adour« 

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