Vins de Loire : Vins de soif, vins de mode ou vins de marges ?

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Depuis des décennies, ils se tirent la bourre avec les beaujolais et autres côtes-du-rhône pour être présents sur les comptoirs de Paname. Et si l’image d’Epinal donne d’eux des vins appréciés sur les zincs pour leur fraîcheur, leur côté fruité et leurs petits prix, ils subissent pourtant des effets de mode terrible.

«Dans les années cinquante, 20 % des blancs débités aux comptoirs étaient des coteaux du layon. Qui en boit encore aujourd’hui au bistro ? » interroge Jean-Claude Cassagne, patron du Relais Odéon. Il y a eu aussi la grande percée des saumur-champigny, dans les années 80. Tous les bistrots en vendaient. Les années 90 ont vu les chinons monter en flèche. De même, le muscadet a eu son heure de gloire, mais avec son côté trop végétal, les gens s’en sont détachés. Il revient aujourd’hui à l’attaque, car des efforts sur la qualité des muscadets sur lie et les petits volumes vendangés ont fait monter sa cote. D’autant que les huîtres se généralisent au bistrot et qu’elles sont leurs meilleures alliées.

Seul le sancerre, proche de Paris et longtemps connu des Parisiens grâce à la N7, demeure vaille que vaille à des hauts niveaux de prix et reste à un niveau de consommation régulier.
C’est rare pour un vin de Loire. Car il suffit que la demande frétille, et les prix augmentent de façon déraisonnable. On l’a vu avec le menetou-salon. Les patrons ont vu là un équivalent au sancerre mais doté d’un bien meilleur rapport qualité-prix. Cinq ans plus tard, le menetou s’affiche parfois à des prix plus élevés que son grand voisin…

Vins de Loire au bistrot

Vins de Loire au bistrot

D’autres apparaissent par intermittence sur les cartes. Ainsi des touraines ou des coteaux du giennois qui permettent -au choix du patron- soit de réaliser de jolies marges, soit de rendre ses clients plus heureux. A ce titre, la Régalade dans le 14e, ex-bistro de Camdeborde, mérite une mention spéciale. Son patron, Bruno Doucet, qui affiche sur sa carte, un touraine amboise blanc sec à 12 €. Du militantisme bistrotier plutôt que du chauvinisme provincial. «J’ai beau être de Touraine, ce n’est pas celui que je préfère. Même si j’ai des vins sur ma carte à 350€, je veux avoir des vins à 12 € la bouteille. Ca marche auprès des clients. C’est aussi pour cela qu’ils poussent la porte. Avec une formule entrée-plat-dessert à 32€, ça leur permet de savoir où ils vont.» La crise aidant il se pourrait bien que la Régalade inspire ses confrères. Car des bouteilles de touraine payées 3,5 € mises en carte à plus de 20 € ou les bouteilles de sancerre payées 7 € et vendues 40 € risquent bientôt d’appartenir au passé…

Pas facile de se faire une idée des vins de Loire !
«On n’entend jamais : « on va se servir un vin de Loire. Car cette image ne correspond à rien, même l’idée des vins légers est trompeuse. » explique Nicolas Bertolome, qui vend des vins aux CHR sur Paris.

«C’est vrai qu’on ne communique pas sur l’image des Vins de Loire, nous on vend plutôt du Saumur, ou alors on essaye de créer un produit type Brut de Loire pour nos effervescents. » souligne pour sa part Jean-Maurice Belayche, porte-parole du négociant saumurois Bouvet-Ladubay. Un négociant connu notamment pour son Bourgueil « Jean Carmet », en hommage à ce comédien adorateur de Bacchus au bistrot.

 

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