Quand les bordeaux prennent la mer

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goelette_etoileBordeaux et la Mer…Une vieille liaison remise en lumière grâce à un « coup de com » du syndicat des Bordeaux et Bordeaux Supérieur qui a parrainé deux goélettes de l’École navale lors de la course « Tall Ships Atlantic Challenge 09 » à travers l’Atlantique. Pour l’occasion, quelques caisses de bordeaux ont été chargées à bord de la goélette, l’Etoile (ci-contre). Le parcours ? Brest, Vigo en Espagne, puis Charleston aux USA via les Bermudes, pour filer ensuite vers Halifax et rallier finalement Belfast. Les bouteilles ont dû supporter des changements de température sur une amplitude d’environ 25°, mais sans rupture et de façon progressive puisqu’il s’agit de marine à voile…

«A l’époque, les hommes avaient droit à un litre de « cambusard » par jour.»

Les professionnels bordelais ont eu la bonne idée d’organiser une dégustation comparative entre une douzaine de bouteilles ayant pris la mer et leurs homologues restées à terre. L’avis n’engage que nous, mais dans huit cas sur douze, nous avons préféré les terriennes. Sans jamais pour autant tomber sur des piquettes. «Il n’y a pas de règles générales pour les vins qui prennent la mer, certains réagissent très bien, d’autres moins » a souligné le sommelier Philippe Faure-Brac présent à la dégustation. Selon le syndicat des Bordeaux, ce sont les vins tanniques à majorité cabernet qui semblent avoir été les moins sensibles au roulis.tono_bateau

« Mon père, un Terre-Neuvas, m’a toujours dit qu’on pouvait boire le bordeaux au bout d’un an de navigation. Mais jamais l’eau…» confie Hubert Dervilly, commandant en second de l’Etoile. (ci-dessus à gauche, en compagnie de deux matelots et du Lieutenant de vaisseau Laurent Matter, Commandant de la goélette l’Etoile) « A l’époque, les hommes avaient droit à un litre de vin par jour qu’on appelait “cambusard“ en référence à la cambuse où étaient entreposés les fûts. Evidemment ce n’était pas un grand cru.»
Ironie langagière, une cambuse désigne aussi en argot un cabaret mal famé …
Toujours réputée sur son quant-à-soi, la Marine a fini, -malheureusement pour les vignerons bordelais- par être rattrapée par son époque et ses tendances prophylactiques. Le litre par jour et par marin, c’est fini depuis belle lurette, aujourd’hui ce serait plutôt un verre. Et encore !

Lire page suivante l’interview d’Alain Boulaire, historien du Musée de la Mer à Brest sur le vin et la Mer

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