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BISTROS A VIN
>> Des hommes, des femmes
et des vins
L'ultra souplesse pour les Vins sans Indication Géographique (juillet 2009)
«La
réforme de la simplification des catégories
de vins c'est plutôt le grand bazar aujourd'hui » entend-on
en substance dans bien des vignobles. L'incertitude
est grande avec la mise en œuvre de la nouvelle Organisation
Commune de Marché (OCM). Entre la crise, l'entrée
en vigueur des nouvelles catégories de vins (AOP,
IGP et vins sans IG), la bureaucratie et son cortège
d'habilitations, de procédures, de contrôles
et de coûts , ils sont servis. L'INAO, en charge
des ex-AOC devenus AOP (Appellation d'Origine Protégée)
semble débordé et peine à revoir tous
les cahiers des charges. D'autant qu'il doit désormais
traiter également les cahiers des charges des ex-vins
de pays qui vont devenir Vins à Indication Géographique.
C'est au sein de cette catégorie intermédiaire que l'on ressent le plus d'inquiétudes. Notamment chez ceux qui ont acquis des réputations honorables en jouant la carte du cépage. Principal motif de crainte : le traitement ultra souple réservé aux vins sans Indication Géographique, ex-vins de table, sans limites de rendement, et qui pourront désormais mettre en avant le cépage et/ou le millésime. Le 16 juillet, le conseil Spécialisé de la filière viticole, FranceAgriMer en charge des vins d'entrée de gamme a adopté à l'unanimité un cadre de contrôle très souple et peu contraignant applicable dès la vendange du millésime 2009.
L'habilitation du metteur en marché se fera par simple inscription de celui-ci. Quant au contrôle, pas de tests organoleptiques. «Le contrôle des documents permettra la traçabilité pour garantir le cépage et le millésime» a expliqué Eric Rozas, responsable de la filière vin chez FranceAgriMer. Afin de minimiser les coûts et de ne pas multiplier les interlocuteurs pour les metteurs en marché produisant des vins de différentes catégories, (AOP, IG) FranceAgriMer pourra déléguer son pouvoir de contrôle à l'Organisme de Contrôle choisi par l'ODG dans le cadre de la gestion de l'AOC.
Les cépages de l'est font de la résistance !
Pas question de laisser leurs variétés
de raisins devenir de simples noms d'appel pour des
vins de cépages sans IG. Ainsi Alsaciens,
Jurassiens et Savoyards auraient réussi à faire
exclure la plupart de leurs cépages identitaires
de la règle générale concernant
les Vins de cépages sans IG. En fait, on ne
pourra pas en faire mention sur l'étiquette.
Rien n'interdira à un négociant de produire
un gewurztraminer et de le vendre mais il ne pourra
pas faire figurer le nom du cépage sur l'étiquette
de la bouteille.
C'est ce qu'a préconisé un groupe de travail au Ministre de l'Agriculture qui devait prendre un décret pour rendre la mesure obligatoire à partir du 1er août 2009. Faute de quoi...
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Les
11 cépages interdits d'étiquetage sur
les ex-vins de tables
-Gewurztraminer
-Sylvaner
-Riesling
-Savagnin
-Trousseau
-Poulsard
-Jacquères
-Mondeuses
-Persan
-Altesse
-Gringet |
La grande question des prix
Concernant ces nouveaux vins d'entrée de gamme, la grande question qu'ils soulèvent est celle de leurs prix. Comment imaginer qu'ils n'auront pas de conséquences sur le prix des gammes supérieures ?
Encore que l'on voit nombre de vins de pays bien mieux valorisés que bien des AOC. Qu'en ira-t-il si désormais des vins de cépages -ex-vins de tables- s'affichent à des tarifs plus élevés que des AOC ?
D'ores et déjà, dans certains bassins de production, on s'attend à ce que cette question des prix fasse basculer bien des viticulteurs autrefois en vins de pays vers les vins sans IG. Par exemple dans le sud-Ouest où certains observateurs s'attendent à ce qu'un tiers quittent les IGP.
Ce n'est évidemment pas le 6 août -jour d'ouverture des quotations- que l'on aura des indications, le système devra se roder une ou deux années.
L'autre question liée est celle du positionnement des grands opérateurs. Joueront-ils le productivisme à tout crin ou le qualitatif en payant plus cher les raisins bien travaillés. Il n'est pas sûr que Castel et consorts fassent dans le bas de gamme. Ils pourraient jouer au contraire la qualité en achetant plus cher le raisin bien travaillé pour tirer leurs marques vers le haut. Evidemment, même si cette réforme touche d'abord l'export, elle aura inévitablement des conséquences sur le marché français. Lire à ce sujet, quelques réflexions entendues lors de Vinexpo.
Lire la suite vers le contrôle et les sanctions
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