Jean-Louis Saget, success-story ligérienne

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Saget la Perrière, ex-vignoble Guy Saget est un groupe familial qui fait travailler 120 personnes. C’est l’un des principaux acteurs du vignoble ligérien. Pas si mal pour un vigneron parti avec un vignoble historique de 5 ha en pouilly fumé voilà 40 ans… En ces temps de lamentations, l’évocation du parcours de Jean-Louis Saget a des vertus roboratives.

Chez certains, l’adversité sert de booster. Avec Jean-Louis Saget, on est dans cette configuration. En 1972, Guy, son père décède d’un arrêt cardiaque à l’âge de 45 ans. Le fils ainé laisse alors tomber ses études d’électromécanique pour venir au secours de sa mère. «Je me suis remis à la vigne, j’avais les gestes du métier que m’avait inculqués mon grand-père et j’ai appris sur le tas la vinification. »

Jean-Louis Saget

Jean-Louis Saget

Un coup dur n’arrivant jamais seul, en 1973, c’est la crise pétrolière. Un an plus tard, Pouilly-sur-Loire, halte obligée de la N7, se voit contourner par une déviation. En quelque mois, cette cité gastronomique, réputée pour ses andouillettes, ses cinq étoilés Michelin et ses vignerons qui n’avaient qu’à remplir le coffre de leur clientèle descendue de Paris, se retrouve désertée.

Pas question de vivoter en attendant le chaland. Jean-Louis prend la route de Paris pour vendre ses vins tandis que son jeune frère s’occupe de la vigne. Il passe des journées et des soirées entières sur les banquettes des restaurants. Très vite, il se fait une belle clientèle. La restauration parisienne vit alors un âge d’or et le pouilly Saget rencontre le succès notamment dans les belles brasseries. «Une affaire comme Charlot, place Clichy, c’était mille bouteilles par mois.» raconte Jean-Louis Saget. La production familiale ne suffit plus à répondre à la demande. Jean-Louis Saget se fait négociant et achète des vins qu’il revend sous la marque Guy Saget, en hommage au paternel.

saget_sancerre

saget_pouillyMais pas question de dépendre des autres et de renoncer au métier de vigneron pour n’être plus qu’un négociant. Avec les premiers sous gagnés, il commence à acquérir des vignes. Petit à petit, il reprend des parcelles. D’abord à Pouilly autour de la vigne familliale puis en Sancerre où il reprend le domaine de Perrière. Il descend ensuite la Loire et acquiert par exemple en appellation Savennières le château de la Mulonnière. Il reconnait n’avoir pas toujours eu la main heureuse sur toutes ses acquisitions. En témoignent par exemple ses 80 ha en Touraine achetés à une époque où la cote de l’appellation était au plus haut. «La Touraine est désarmée. Je fais plus de marge à vendre mon vin récolté en tant que vin de pays qu’en tant que Touraine.» Pas question de baisser les bras. Il a investi sur son bien nommé Domaine des Grandes Espérances. Son fils Arnaud qui l’a pris en main travaille des cuvées d’une fraîcheur et d’un fruité qui sont la marque de la jeunesse. Cela augure d’un passage de témoin réussi.

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