Sébastien Carreau : Vigneron des côtes de Blaye

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Quand on a trente ans et qu’on regarde la France du Vin, on est parfois un peu désabusé. Même à Bordeaux.

Alors lorsqu’un Bordelais a un mental tourné vers une remise en cause du dogme de l’intouchable bordeaux, il ne faut pas hésiter !

Sébastien Carreau, viticulteur dans les côtes de blaye est de ceux-là. Son château de l’Escadre boisé et généreux est arrivé second au concours de dégustation organisé le 17 octobre 2006 par l’association Tradition du Vin lors de la semaine “Blaye au Comptoir“.

Sébastien a une vision du monde du vin qui dépasse largement les limites du Libournais. Il a été caviste au Fouquet’s, il a vinifié en Espagne et en Argentine dans les plus grands domaines. Dans le nord-argentin, il a travaillé dans une bodega pour les célèbres frères Lurton, ces deux Bordelais qui ont créé un petit groupe mondial avec 70 références de vin issus de toute la planète.

Cette expérience internationale lui donne une autre vision du monde du vin et de ses enjeux. «La France est trop compliquée, et à Bordeaux on a plutôt intérêt à se bouger si l’on souhaite s’en sortir. On ne sait pas créer la demande. On s’est dit que parce qu’on s’appelait Bordeaux tout allait bien. Erreur. »

Sébastien a pris le taureau par les cornes pour s’en sortir. Car, le chiffre d’affaires du Château de l’Escadre a tendance à stagner, mais c’est presque une situation positive quand bien des confrères sont obligés d’assister à une chute sérieuse de leurs recettes. Alors quand il n’est pas dans ses vignes, il court les salons du vin de la Pologne au Danemark.

Sébastien est le représentant de la septième génération d’une famille qui tient le château l’Escadre. Un domaine de 60 hectares qu’il exploite avec son père et son cousin. Il essaye de remettre en cause les vieilles façons de travailler.
«On s’acharne sur la qualité, on fait une fermentation très lente, on fait des pigeages plusieurs fois par jour durant dix jours.» Il pratique de la vendange verte et fait de l’ébourgeonnage pour limiter la production car l’époque temps n’est plus à la surproduction.
«C’est fantastique comme méthode, mais c’est vrai qu’avant il fallait que ça pisse.» Ira-t-il au bout de sa logique de qualité, en abandonnant les désherbants et autres levures ? La balle est dans son camp.

Vignobles G.Carreau & Fils
Château les Petits Arnauds
33390 Cars
Tél. 05 57 42 36 57

En savoir plus sur les Côtes de Blaye

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