Eugène Mercier, entrepreneur audacieux au service d’un champagne démocratique

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Eugène Mercier est un peu au champagne ce qu’Aristide Boucicaut avec son « Bon Marché » fut au commerce du Second Empire. Entrepreneur audacieux, il chercha à offrir son champagne au plus grand nombre, à cette classe moyenne émergente faite de millions d’employés. Né à Epernay, Eugène Mercier avec son champagne éponyme a joué la carte du champagne de grande production avec toutes les audaces.

En 1858, quand il se lance, le bonhomme cherche tout de suite à conjuguer qualité et quantité pour offrir un champagne à la classe moyenne. Il veut le sortir de son cadre élitiste du Second Empire. A Epernay, dans les maisons champenoises bien établies, il a dû passer, au mieux pour un opportuniste, au pire pour un arriviste, surtout lorsqu’il s’est mis à décliner sa marque sur tous les supports de la réclame de l’époque (on ne parlait pas encore de com) et à racheter et fusionner différentes maisons. Il a ainsi mis en place une politique de distribution agressive avec un référencement dans les nouveaux « Grands Magasins ». Mais on retrouvait aussi le champagne Mercier dans toutes les épiceries de quartier. Surtout, c’était un génie de la « com » et de l’événementiel doté d’un sens visionnaire. 150 ans avant la vogue de l’œnotourisme, il fait creuser des kilomètres de galeries avec un gabarit adapté aux calèches…Elles seront ouvertes aux visiteurs en 1885. Il produit également le plus grand foudre du monde (20 tonnes) qu’il fait tracter à Paris par un cortège de bœufs pour l’exposition universelle de 1889. En 1900, il remet ça avec un ballon captif à son nom au-dessus de Paris. Il est aussi à l’origine du premier film publicitaire du monde qui sera réalisé par les frères Lumière.

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A sa mort en 1904, Mercier produisait 4 millions de bouteilles et était devenu, selon son descendant, Emmanuel le N°1 à l’époque. Au fil des ans, Mercier s’est installé dans le paysage comme un champagne populaire, bien visible sur les linéaires de la grande distribition. Aujourd’hui encore, le site d’Epernay qui voit défiler 130 000 touristes chaque année est fameux pour sa visite en petit train dans les 18 km de galeries.

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Le champagne Mercier a été racheté dans les années 70 par la maison Moët, elle-même reprise par LVMH en 1987. Dés lors entre Moët, Krug et la Veuve Clicquot, il n’a pas dû toujours être facile à ce « champagne démocratique » de trouver ses marques au sein du N°1 mondial du luxe. Ainsi, principalement centré sur la marché français, Mercier s’est offert un relookage en mars 2013 pour toucher les jeunes trentenaires urbains.
Lire l’article consacré au relooking de la marque Mercier.

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