La côte roannaise des Sérol

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Que faire quand on est sur un domaine d’à peine 20 ha d’une petite appellation jeune de 200 ha ? Pourquoi ne pas essayer de se distinguer par une démarche originale en recherchant la meilleure expression du terroir pour son cépage historique.

C’est ce qu’on a pratiqué chez les Sérol père et fils, vignerons roannais depuis plus de 40 ans. En 1964 Robert Sérol reprend l’exploitation familiale en polyculture. Il n’aura de cesse de la réorienter vers la vigne, bel esprit visionnaire à une époque où la côte roannaise est en pleine décadence. En 1989, Robert Sérol devient le président de l’Association Vinicole Roannaise dont le travail débouche sur la reconnaissance de l’AOC Côte Roannaise en 1994. Avec son ami Pierre Troisgros, qui n’a pas peu contribué à cette reconnaissance, Robert Sérol a également planté en 1992 une vigne -les Blondins-, aujourd’hui en conversion bio.

serol2Stéphane Sérol , le fils de Robert a repris le domaine en 2001. Il applique à la lettre les principes de la charte Terra-Vitis traitant en bio et en soufre à l’exception du travail des pieds de vignes où l’on recourt encore aux « phyto ». L’entretien des sols se fait par l’enherbement et la vigne est nourrie grâce à des apports de matière organique végétale et de chaux. 
Cette attention portée à l’environnement n’est qu’une des facettes d’un travail très soigné tant dans la taille que l’ébourgeonnage et l’effeuillage. Quant aux vendanges manuelles, c’est une soixantaine de jeunes étudiants du lycée agricole tout proche, et donc impliqués dans l’agriculture qui viennent ramasser les grains. Une vendange apaisée et sereine, contrairement à d’autres vignobles où l’exercice devient parfois aléatoire. Deux tapis de tri acheminent directement la vendange dans les cuves, sans pompage, et préservent ainsi l’intégrité de la grappe.

Côté vinification, un superbe cuvage réalisé en 1999 dans un bâtiment climatisé permet à Stéphane Sérol de pratiquer une vinification parcellaire. Avant ses assemblages, Stéphane Sérol s’oblige à tout goûter à l’aveugle. Au fur et à mesure des millésimes, c’est un hymne au gamay dans ce qu’il a de meilleur qu’il réalise. Ses différentes cuvées déclinent toutes les variantes de ce cépage fruité. A la dégustation, c’est impressionnant d’observer tout ce qu’on peut tirer de ce cépage si banal et commun pour certains. Pour mettre un peu de diversité et de blancheur dans sa production, Stéphane Sérol a planté presqu’un hectare en viognier pour faire un vin de pays d’Urfée dont la première cuvée est attendue pour 2010. Elle ne déparera pas dans la production des Sérol.

Les cuvées du Domaine Robert Sérol
roane_serolbouteilStéphane Sérol réalise quelques jolies cuvées bien fruitées, cinq en rouge et trois en rosés. Côté rosé, son Cabochard surprend tellement il est vif et sec. Question rouge, on peut commencer par les Originelles, le gamay dans sa plus simple expression, franche, fruitée et gouleyante. Il y a aussi la cuvée issue du vignoble des Blondins, vignoble planté en commun avec Pierre Troisgros plus veloutée avec des tannins bien ronds. La parcelle des Blondins est en conversion bio depuis 2008.
En 2009, fidèle à sa démarche, Stéphane Sérol s’est lancé dans l’aventure des levures indigènes. Résultat : une cuvée baptisée l’Incorruptible, réservée pour l’instant aux professionnels de la restauration aussi fraîche qu’aromatique. «L’incorruptible c’est le vin de bistros par excellence.» explique Stéphane Sérol, qui compte bien continuer sur cette voie indigène. Croisons les doigts pour que l’Incorruptible fasse vite son apparition sur les zincs parisiens. Prix : de 5,45 € à 9€ selon les cuvées.

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