Quand le bio tient salon à Montpellier

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Joli cru 2010 pour le salon Millésime Bio de Montpellier ! S’il ne fallait retenir qu’une chose de cette 17ème édition, c’est que le Bio est bien entré dans les mœurs, comme l’attestent les 3 000 visiteurs professionnels (contre 1 700 en 2009) et les quelques 500 exposants. Une belle palette d’humains venus de tous les vignobles de France mais aussi d’Italie et d’Espagne. Des philosophes ou des technophiles, des grands domaines et des petites coopératives, des self-made-men ou des fils de bonnes familles, mais tous appliqués à faire parler leurs terroirs dans la vérité.

Et leur terre fut bonne à boire… La plupart d’entre eux affirment valoriser leurs nectars beaucoup mieux que leurs homologues en viticulture conventionnelle. Et ce, alors même que les prix de bien des vins présentés n’avaient rien de prohibitifs.
Cet intérêt pour le bio fait craindre à Thierry Julien, organisateur du Salon et président de l’Association Interprofessionnelle des Vins Biologiques du Languedoc-Roussillon une “vague massive de conversions” susceptible de déstabiliser le marché et « l’arrivée d’opportunistes qui pensant régler leur problème d’écoulement négligeront l’éthique ». Il n’est besoin que de voir les discussions en cours sur le projet de règlement européen de définition du vin bio, pour se convaincre que tous les champs du possible sont ouverts pour le meilleur ou pour le pire…

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Georges Frêche, le vieux tribun du Languedoc, hôte des lieux, ne s’est pas montré très “orthodoxe” dans cette région où l’on a longtemps fait pisser la vigne hors de raison… Pour lui, d’ici vingt ans, les vignerons languedociens devront être passés au bio. En attendant, toujours selon lui, certains pourront profiter des technologies d’irrigation israéliennes du goutte-à-goutte, d’autres d’une eau détournée du Rhône… Quand on est confronté au risque de sécheresse, voilà des nouvelles qui en rassureront certains. Enfin, a-t-il expliqué en substance, «si le Languedoc veut continuer d’attirer les touristes, il faut éviter que la vigne ne laisse place à la friche.»

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