Loire, le vignoble industriel en guise de futur ?

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Ambiance flottante dans les travées du Salon des Vins de Loire 2014. Exposants plus ou moins contents, d’autres pas du tout. La poursuite des « Salons Off » à côté du Salon Officiel éparpille l’audience et renforce l’impression d’une incapacité ligérienne à se ranger sous une même bannière. Chacun a sa petite idée mais nul n’a une stature gaullienne capable de mettre un terme aux dissonances.

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Certaines appellations semblent sortir du purgatoire tel le muscadet, à nouveau debout après un remède de cheval qui l’a vu perdre le quart de ses forces en quelques années. Vifs ou fruités, ses vins séduisent nombre d’importateurs étrangers. D’autres pointent le bout du nez et révèlent de belles choses, comme les Fiefs Vendéens ou les Côtes d’Auvergne.

Si les petits prix des vins ligériens font la joie des amateurs gourmands, ils font le malheur des exploitants surtout les années de petits rendements. «C’est le gros problème. En Loire on ne vend pas cher et il n’y a plus grand chose à vendre» explique Jean-Martin Dutour président d’Interloire et producteur de chinon.

Car la malédiction récurrente de l’aléa climatique lamine la confiance et l’espoir d’un avenir meilleur. Les rendements de ces trois dernières années sont marqués par un véritable effondrement des productions dans certains vignobles de Touraine, du saumurois, du Loiret et le long du Loir. «On ne sait plus ce qu’est un rendement normal» explique le Directeur général d’Ackerman, le patron de la cave Saumuroise. «Comment s’en sortir,» demande Valérie Deneufbourg à la tête de l’appellation Orléans, dont les rendements se sont aussi effondrés des deux tiers en dix ans. Cas extrêmes ? «D’ici peu, d’autres appellations connaîtront le même sort que nous» avertit la vigneronne orléanaise.

Saint-Nicolas de Bourgeuil

Saint-Nicolas de Bourgeuil

Son de cloche voisin dans le Vendômois : «On ne vinifie que 10 000 hl, c’est trois fois moins qu’il y a 30 ans. Nos adhérents ont entre 55 et 60 ans et leurs enfants sont partis vers d’autres directions. Cela ne facilite pas la vision de l’avenir. Il faut qu’on améliore l’efficience de notre système, la solution est peut-être dans un vignoble industriel exploité par des salariés.» avance Nicolas Parmentier le responsable de la Cave du Vendômois. Bernard Jacob, le DG d’Ackerman, grande maison saumuroise connue pour ses bulles, va plus loin. «Le sommet de la pyramide avec les grands vins, c’est très bien mais il ne faut pas oublier le vin générique. Nous réfléchissons à nous engager plus en avant pour préserver le potentiel viticole. On cherche un modèle qui permettrait aux jeunes de se développer et de trouver des solutions de financements. Il y a des opportunités en Loire pour produire des hl. Le rendement n’est pas contraire à la création de valeur» Et Bernard Jacob de pointer le champagne ou le cognac aux rendements à l’hectare très élevés. (rendement maximum autorisé de 15 500 kg de raisin à l’ha en champagne contre 13 000 kg pour le crémant de Loire). Evidemment il prêche d’abord pour sa paroisse et ses bulles avec en ligne de mire l’éternel rival et concurrent champenois. Et de rappeler que le pinot d’Aunis ligérien (ci-dessous) alimentait les Champenois à la Belle Epoque.

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