Latour-Martillac, un pessac-léognan signé Kressmann

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Ce domaine historique de Pessac-Léognan est entre les mains d’une dynastie qui a épousé l’histoire du vignoble bordelais de ces 150 dernières années. Avec ses hauts et ses bas mais sans non plus subir le cours des choses. Tout commence avec l’arrière grand-père Edouard Kressmann, commerçant allemand, qui créée sa maison de négoce à Bordeaux en 1871.

union_grand_cru_kreissmanCompte tenu de la perte de l’Alsace-Lorraine, l’accueil n’a pas dû être forcément très chaleureux… Heureusement, il avait épousé une Alsacienne. Son fils, Alfred, prend le relais et sillonne le Médoc en calèche à la recherche des meilleurs crus. C’est lui qui créée la marque Kressmann Monopole -vendue depuis- et achète le château de Latour-Martillac alors classé en Graves… Le père des actuels propriétaires, Tristan et Loïc, fut l’un des principaux artisans avec André Lurton de la reconnaissance de l’appellation Pessac-Léognan en 1986. Une sorte de réaction quasi-aristocratique conduite par une trentaine de grands propriétaires du nord de l’appellation Graves bien décidés à faire reconnaître le niveau qualitatif de leurs vins.
Tristan Kressmann est aussi vice-président de l’Union des Grands Crus de Bordeaux. Ce club bordelais très fermé a l’élitisme bachique érigé en religion. Le paradoxe est que cela n’empêche pas pas l’homme de Latour-Martillac d’être ouvert et enthousiaste surtout quand il s’agit de défendre les grands bordeaux en général et son Pessac en particulier.

bordeaux Pessac léognan

« 2013 est un millésime inédit. C’est un peu un triathlon cette année, pluie en hiver et printemps, floraison tardive, grêle en juin, beaux mois de juillet et d’août, septembre chaotique et 15 jours de retard. A l’arrivée, la matière première est difficile avec des grappes de merlot très hétérogènes même si on a fait un gros travail d’effeuillage dans les vignes cet été.» Quand on est Cru classé de Graves pas question de déchoir. En pessac-léognan, Latour-Martillac a un rang à tenir. Autant pour ses rouges (60% Cabernet-Sauvignon, 35% Merlot, 5% Petit Verdot) structurés et puissants que pour ses blancs aussi cristallins que complexes.

A Latour-Martillac, la « techno » reste en cuverie. La vendange manuelle reste de rigueur avec une quarantaine de coupeurs. «Rien ne remplace la main de l’homme pour avoir une bonne matière première

 

bordeaux Pessac léognan

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Denis Dubourdieu intervient pour les fermentations des blancs, il a formé Valérie Vialard, l’œnologue maison. « Dubourdieu a isolé des souches de levures propres à notre vignoble qu’on utilise pour nos blancs. » Les fermentations sont faites en barriques de chêne français. «On bâtonne chaque semaine jusqu’à Noël. » Dans les chais, les blancs (10 ha du domaine plantés en sauvignon et sémillon) représentent une vingtaine de lots, les rouges, trois fois plus. Quand sonne l’heure de l’assemblage, les choix ne sont pas toujours simples. Le choix final en revient aux frères Kressmann. Comme une sorte de devoir dynastique…

www.latourmartillac.com

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